Laurent Dailland, chef opérateur image s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.
Même si, au lycée, Laurent Dailland animait un ciné-club et faisait de la photo, il ne songeait pas aux métiers de l’audiovisuel. Ce qui ne l’empêche pas d’intégrer la prestigieuse école Louis-Lumière à Paris. Une fois son diplôme en poche, il enchaîne les courts métrages, puis il est sollicité par un directeur de la photo qui avait fait carrière au théâtre et qui voulait revenir au cinéma. Laurent Dailland collabore à l’un des premiers films de Hervé Palud – qui ne sortira jamais en salles ! – et, grâce à cette expérience, rencontre André Diot qui lui met le pied à l’étrier. Presque au même moment, il fait la connaissance de Jacques Boumendil, autre grand opérateur, dont il devient l’assistant. Jusqu’au jour où celui-ci, indisponible, lui demande de le remplacer : Laurent Dailland signe la photo de Douce violence (1983), son premier long métrage.
Il enchaîne avec 36 Fillette (1987) de Catherine Breillat avec qui il tournera Sale comme un ange (1991) et Parfait amour ! (1996). Si son tempérament modeste et discret ne le pousse pas à solliciter les réalisateurs, il est souvent contacté par des cinéastes majeurs, de Régis Wargnier à Christian Vincent – et il en est le premier surpris ! « Quand Régis Wargnier m’a appelé pour me confier Est-Ouest, jamais je n’aurais cru un jour remplacer François Catonné [chef-opérateur attitré de Wargnier] auprès de lui », confie Dailland. « De même, je n’aurais jamais imaginé travailler sur un aussi gros film que La Cité de la peur. Cela m’a pourtant ouvert des portes. »
Très éclectique dans ses goûts et ses choix, Laurent Dailland est parfois critiqué par ses confrères qui lui reprochent de « gâcher son talent ». Mais il assume totalement de passer de Trahir (1992) de Radu Mihaileanu à Didier (1997) d’Alain Chabat, de Place Vendôme (1998) de Nicole Garcia à Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2001) du même Chabat. « Il y a trois catégories de metteurs en scène », poursuit-il. « La première, très vaste, est celle des réalisateurs qui aiment l’image. Il y a ensuite ceux pour qui l’image ne représente rien. Enfin, il y a ceux, beaucoup moins nombreux, qui comprennent l’image et qui sont capables de vous expliquer pourquoi l’image doit être comme ceci ou comme cela. J’ai eu la chance de ne jamais travailler avec les gens de la deuxième catégorie ». Après Aline (2020) de Valérie Lemercier et Jeanne du Barry (2023) de Maïwenn, il a récemment éclairé le nouveau film d’Anne Le Ny, Histoire d’un mariage qui sortira en salles en fin d’année.