Portrait Pascal Elbé

Publiée le 17 December 2025
Portrait Pascal Elbé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Elbé s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.

Issu d’un milieu modeste, Pascal Elbé grandit à Strasbourg. C’est là qu’un jour, à 16 ans, il découvre Tartuffe de Molière au théâtre, avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre. C’est une révélation ! Il sera, lui aussi, comédien. « Comme dans Billy Elliot, à la fin du premier cours de théâtre, j’ai traversé un pont en courant », dit-il. « Tout d’un coup, j’étais animé par quelque chose de nouveau. » Dès son bac en poche, il débarque à Paris où il commence par enchaîner les petits boulots, sans jamais renoncer à son rêve. C’est pourtant l’écriture qui lui ouvre les portes du milieu du théâtre, avec Charité bien ordonnée (1992), monté avec succès au mythique Splendid, et Tout baigne ! (1995), mis en scène au Café de la Gare.

La même année, il fait ses premiers pas au cinéma dans Fallait pas ! (1995) de Gérard Jugnot, aux côtés de Jean Yanne. Mais c’est avec Père et fils (2003) de Michel Boujenah, dont il coécrit le scénario, qu’il se fait connaître du grand public et qu’il est nommé au César du meilleur espoir masculin. L’occasion, aussi, d’y côtoyer le grand Philippe Noiret. « Après, on n’a pas envie de tomber dans une forme de médiocrité », confie-t-il. Il enchaîne plusieurs comédies, comme L’Amour aux trousses (2004) et Le Cactus (2005), sans négliger d’autres genres comme le polar avec Les Mauvais joueurs (2005). Il continue son travail de scénariste en coécrivant Mauvaise foi (2006) de son ami Roschdy Zem, dont il est également interprète.

En 2009, il passe à la réalisation avec Tête de turc, remarquable film noir à résonance sociale et politique, dans un registre qu’on n’attendait pas forcément de sa part. « Je ne supporte pas les étiquetages », poursuit-il. Inspiré d’un fait divers tragique, ce premier long métrage nourrit une réflexion citoyenne nécessaire. En 2015, avec Je compte sur vous, il signe un thriller autour de Gilbert Chikli, maître de l’arnaque téléphonique en Israël. « Cette affaire m’avait interpelé », dit-il. « J’ai trouvé l’homme plein de charme, assez brillant, avec un charisme fou. J’ai tout de suite vu la malice dans son regard et le danger qui pouvait en découler. » Devant la caméra, Pascal Elbé s’amuse aussi à jouer avec son image en interprétant le compagnon de Lambert Wilson dans Comme les autres et en passant d’un registre à l’autre, de la comédie comme Tout pour plaire (2004) au drame comme Le Fils de l’autre (2012) et 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi (2014).

Il revient à la réalisation avec On est fait pour s’entendre (2021) en puisant cette fois dans sa propre histoire. En effet, diagnostiqué malentendant à 42 ans, il a d’abord du mal à accepter cette nouvelle réalité : « Je l’ai mal vécu parce qu’on est atteint dans son orgueil, dans sa dignité. Parce qu’on est diminué », reconnaît-il. Mais il n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Bien au contraire, faisant preuve d’une formidable autodérision, il signe une comédie romantique, marquée par le cinéma italien, qui fait mouche. Quatre ans plus tard, il signe La Bonne étoile, autour d’un personnage de déserteur, lâche et bourré de préjugés antisémites, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui rappelle La Vie est belle de Roberto Benigni. « Ma référence, c’est le cinéma italien, et j’ai toujours aimé convoquer l’émotion si je peux enchaîner avec une vanne et un trait d’humour, ce qui était déjà le cas dans On est fait pour s’entendre », conclut-il. « Je suis sensible à cette pudeur italienne qui permet de dire des choses fortes, sans gêner le spectateur. »

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