Palmarès du 77ème Festival de Cannes

Publiée le 18 July 2024
Palmarès du 77ème Festival de Cannes

 

 

 

© fdc 

Du 14 au 25 mai 2024 a eu lieu le Festival de Cannes. Au total, ce sont 8 films récompensés sur les 22 en lice. Retour sur les prix de la cérémonie.

Le samedi 25 mai s’est terminée la 77ème édition du Festival de Cannes, dont la Palme d’or fut décernée à Sean Baker pour Anora. Même si la parité hommes-femmes n’était pas au rendez-vous, avec seulement 4 femmes contre 18 hommes, ces premières ont tout de même marqué le Festival de Cannes avec deux d’entre elles au palmarès.

Palme d’or – Anora de Sean Baker

C’est la première palme d’or américaine depuis Tree of Life de Terrence Malik, en 2011.

Anora de Sean Baker relate la liaison d’une escort girl et du fils d’un oligarque russe. Durant son discours, le cinéaste de 53 ans a voulu rendre hommage à «toutes les travailleuses du sexe.» Il a également plaidé pour la survie des salles de cinéma : «Nous devons faire des films pour qu’ils sortent en salles.» 

Grand prix – All we imagine as light de Payal Kapadia

Le premier film indien depuis 30 ans. All we imagine as light, de l’Indienne Payal Kapadia, met en scène les pérégrinations d’un trio de femmes – Prahba, Anu et Parvaty – qui cherchent à échapper aux carcans de la société indienne.

 

Prix spécial du jury pour La Graine de la figue sacrée

C’est à cause de ce film que le réalisateur Mohammad Rasoulof a dû s’exiler clandestinement de son pays, l’Iran. Le prix récompense ainsi une œuvre décrivant une situation encore actuelle – le mouvement “Femme, vie, liberté”- à la manière d’une intervention politique, sur fond de thriller familial.

Prix du jury – Emilia Perez de Jacques Audiard

«Je pense que tout le monde sait dans cette salle ce que ça coûte de faire des films», a déclaré Xavier Dolan avant la remise du Prix du jury. Une deuxième victoire pour cette comédie musicale signée Jacques Audiard, déjà récompensée par le prix d’interprétation féminine. 

 Prix d’interprétation féminine décerné aux quatre actrices d’Emilia Perez de Jacques Audiard 

Une autre surprise du Festival, quand le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda a annoncé le nom des lauréates du Prix d’interprétation féminine, remis aux trois actrices du film Emilia Perez : Selena Gomez, Karla Sofia Gascon et Zoe Saldana.  Une deuxième distinction pour le film du réalisateur français, alors qu’un tel prix collectif est des plus rares dans l’histoire du Festival de Cannes. 

 

Prix d’interprétation masculine à Jesse Plemons pour sa prestation dans Kinds of Kindness de Yorgos Lanthimos

Prix du scénario pour The Lobster en 2015 et honoré de la même récompense en 2017 pour La Mort du cerf sacré, ainsi que le Prix Un certain regard en 2009 pour Canine, Yorgos Lanthimos se démarque à nouveau cette année avec le Prix d’interprétation masculineremis à son acteur Jesse Plemons.

Enfin, le Prix du scénario honore Substance de la réalisatrice française Coralie Fargeat, et la Caméra d’or distingue Armand, du réalisateur norvégien Halfdan Ullmann Tondel.

L’Héritage dans le Cinéma : De Jean-Paul Belmondo à Victor Belmondo, l’Acteur et l’Art de la Transmission

Publiée le 21 April 2025
L’Héritage dans le Cinéma : De Jean-Paul Belmondo à Victor Belmondo, l’Acteur et l’Art de la Transmission

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous êtes un passionné de cinéma, vous avez sûrement remarqué un phénomène intéressant : les enfants d’acteurs célèbres (comme Belmondo) suivent parfois les pas de leurs parents dans l’industrie. Et cela n’est pas une simple coïncidence. Dans des familles où la scène et l’écran sont des éléments centraux, il est difficile de ne pas être attiré par ce monde. 

Victor Belmondo

Prenez l’exemple de Victor Belmondo, petit-fils du légendaire et aimé Jean-Paul Belmondo. Bien que la question du “né sous une bonne étoile” soit fréquemment soulevée, l’héritage familial joue un rôle fondamental dans le parcours de nombreux jeunes acteurs. Victor, qui a grandi sous l’œil du grand public, porte un héritage énorme (et peut-être pesant ?). Mais ce n’est pas seulement son nom qui attire l’attention. C’est sa capacité à incarner une forme de cinéma qui perpétue le style de son grand-père tout en y ajoutant sa propre touche personnelle. Le cinéma français a évolué, et la nouvelle génération d’acteurs comme Victor doit trouver son propre équilibre entre hommage et innovation et il le fait avec brio ! 

Ce phénomène d’héritage ne se limite pas à la famille Belmondo. Il touche aussi des enfants d’autres légendes comme Maya Hawke, fille d’Ethan Hawke et Uma Thurman. Maya a grandi dans un univers où le cinéma et les arts étaient omniprésents. Pourtant, elle n’a pas suivi un chemin tout tracé. Elle a su se faire un nom grâce à son talent, prouvant que même avec un nom aussi connu, il faut une bonne dose de travail acharné et de persévérance pour briller. Son parcours dans Stranger Things en est un exemple frappant : elle n’est pas seulement la fille de ses parents, elle est une actrice à part entière (et également une chanteuse à la voix divine). 

Patrick Schwarzenegger

Arnold Schwarzenegger, l’un des plus grands noms de l’action, a vu son fils, Patrick, se lancer également dans une carrière d’acteur et de modèle. Mais tout comme ses homologues, Patrick ne repose pas uniquement sur l’héritage familial. Bien qu’il bénéficie d’un nom, il doit également convaincre le public par son talent, prouvant que même les “enfants de” doivent se battre pour une place sous les projecteurs. 

Dans tous ces cas, l’héritage joue un rôle double. D’un côté, il sert de tremplin pour accéder à l’industrie, mais d’un autre côté, il porte un fardeau considérable. Les enfants de ces grandes stars doivent non seulement prouver qu’ils ont leur propre identité, mais aussi qu’ils respectent et transcendent l’héritage laissé par leurs parents. Dans l’industrie cinématographique actuelle, où la compétition est plus rude que jamais, l’héritage familial peut être à la fois un privilège et un défi. Mais au final, ce sont leurs talents qui feront leur succès ! 

ESIS au World AI Film Festival 2026 : immersion des étudiants au cœur du cinéma augmenté et de l’IA

Publiée le 19 June 2026
ESIS au World AI Film Festival 2026 : immersion des étudiants au cœur du cinéma augmenté et de l’IA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les étudiants de l’ESIS ont participé au World AI Film Festival 2026 à Cannes, un événement international dédié à la création audiovisuelle et cinématographique augmentée par l’intelligence artificielle. Entre captation, retransmission et immersion professionnelle, cette expérience leur a permis de se confronter aux nouveaux usages de l’IA dans le cinéma et les industries créatives, tout en valorisant la pédagogie innovante de l’école. 

 

Le World AI Film Festival 2026 : un événement majeur du cinéma et de l’IA 

Les 21 et 22 avril 2026, Cannes a accueilli la deuxième édition du WAIFF (World AI Film Festival), un rendez-vous international entièrement consacré aux nouvelles formes de création audiovisuelle générées ou augmentées par intelligence artificielle. 

Ce festival réunit chaque année réalisateurs, chercheurs, producteurs, étudiants et experts du monde entier autour d’une ambition commune : comprendre comment l’IA transforme profondément les métiers du cinéma, de la narration et de la production audiovisuelle. 

Au programme : 

  • projections de films IA,  
  • tables rondes professionnelles,  
  • masterclass,  
  • débats sur les enjeux juridiques, créatifs et techniques,  
  • cérémonies de remise de prix.  

Les étudiants de l’ESIS en immersion professionnelle à Cannes 

Dans le cadre de ce festival international, les étudiants de l’ESIS ont été pleinement intégrés à l’organisation et à la couverture de l’événement. 

Leur mission a couvert plusieurs volets essentiels de production audiovisuelle : 

  • captation des projections officielles au cinéma Les Arcades,  
  • retransmission des tables rondes au Palais des Festivals et à l’Espace Miramar,  
  • couverture des conférences et temps forts du festival,  
  • présence terrain aux côtés de professionnels de l’industrie.  

Cette immersion leur a permis de travailler dans des conditions réelles de production événementielle, au cœur d’un festival international de référence dans le domaine de l’IA appliquée au cinéma. 

Skolae et ESIS : un engagement fort dans l’innovation et l’IA 

Le groupe Skolae, dont fait partie l’ESIS, s’est positionné comme un acteur clé du World AI Film Festival 2026 en tant que partenaire officiel. Dans ce cadre, les écoles du réseau ont été mobilisées autour de projets concrets mêlant production audiovisuelle, innovation technologique, création de contenus et réflexion sur les métiers de demain, tandis que l’ESIS a également été sponsor de l’événement, renforçant sa présence dans un environnement international dédié aux nouvelles écritures cinématographiques. 

Une pédagogie tournée vers les nouveaux métiers du cinéma 

Cette participation s’inscrit dans la philosophie pédagogique de l’ESIS, fondée sur l’apprentissage par la pratique et la confrontation directe aux réalités du terrain, le World AI Film Festival constituant un terrain d’expérimentation idéal pour comprendre les nouveaux outils de création assistés par IA, les enjeux de production hybride entre humain et intelligence artificielle, les mutations des métiers du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que les nouvelles formes de narration visuelle. 

Se former au cinéma et à l’intelligence artificielle à l’ESIS 

Cette immersion au WAIFF fait directement écho aux formations proposées par l’école, notamment le Mastère Cinéma et Gen AI, qui prépare les étudiants aux nouveaux métiers du secteur audiovisuel. 

Le Mastère Cinéma et Gen AI permet de développer des compétences avancées en : 

  • réalisation et production audiovisuelle,  
  • intelligence artificielle appliquée au cinéma,  
  • VFX et post-production,  
  • narration augmentée,  
  • création de contenus innovants.  

Une expérience professionnalisante au cœur des industries créatives 

Au-delà de la dimension académique, le WAiFF a offert aux étudiants une véritable immersion professionnelle dans un environnement international exigeant, leur permettant de collaborer avec des équipes techniques professionnelles, de comprendre les enjeux de diffusion en direct, d’observer les nouvelles pratiques du cinéma augmenté et de développer leur réseau dans les industries créatives, une expérience concrète qui illustre la volonté de l’ESIS de former des professionnels capables d’évoluer dans un secteur en mutation permanente. 

La participation des étudiants de l’ESIS au World AI Film Festival 2026 montre simplement une chose : le cinéma est en train de changer, et les compétences nécessaires avec lui. Entre intelligence artificielle, nouvelles technologies et création audiovisuelle, une nouvelle génération se forme déjà aux outils de demain. Dans cette dynamique, l’ESIS prépare ses étudiants à évoluer dans un cinéma transformé par l’IA et les nouvelles façons de créer. 

 

Fête de la musique : la grande histoire…

Publiée le 30 July 2024
Fête de la musique : la grande histoire…

 

 

 

 

© Photo Karim Daher/Hans Lucas

 

La Fête de la musique est le moment le plus attendu de l’année ! Célébrée le 21 juin dans plus de 120 pays, elle trouve ses origines chez France Musique. 

 

Avoir des racines musicales 

En 1976, Joël Cohen, musicien américain travaillant pour France Musique, propose des “Saturnales de la musique” le 21 juin et 21 décembre. L’objectif est de mettre en place une programmation musicale diffusée toute la nuit, pour fêter en chanson les deux solstices (le jour le plus long et le plus court de l’année). Cinq ans après, lorsque Maurice Fleuret (un ancien de France Musique) est nommé directeur de la Musique et de la Danse au Palais-Royal, une grande enquête révèle que 5 millions de Français pratiquent un instrument de musique. Le cabinet du ministre de la Culture, Jack Lang, Maurice Fleuret et Christian Dupavillon décident alors d’organiser le 21 juin 1982 la première fête de la musique.

 

Un succès interplanétaire

Au fil des années, cette célébration commence à s’exporter au-delà des frontières en 1985, lors de l’Année européenne de la Musique. En 1997, une “charte des partenaires de la Fête européenne de la Musique” est signée à Budapest par plusieurs villes européennes : Paris, Berlin, Budapest, Barcelone, Istanbul, Liverpool, Luxembourg, Rome, Naples, Prague… Un succès planétaire, au point qu’en 1982 on lui attribue un timbre unique en son genre… un timbre-poste, au même titre que les Jeux Olympiques et la reine d’Angleterre ! Aujourd’hui, la fête dela musique est célébrée dans plus de 120 pays, alors… “faites de la musique !”

Zoom sur…Paul Mescal, un pas si normal gladiateur !

Publiée le 5 May 2025
Zoom sur…Paul Mescal, un pas si normal gladiateur !

 

 

 

Passer de Connell, un mec qui a de gros problèmes de communication, à un Gladiator, en passant par un jeune papa totalement paumé, Paul Mescal a à son épée une belle filmographie. Alors z’est parti pour zoom sur l’un des acteurs les plus prometteurs de notre génération ! 

 

 

 

 

 

Avant d’être le chouchou des festivals et des plateaux, Paul Mescal aurait pu rester un athlète prometteur. Né le 2 février 1996 (un verseau ahah !) à Maynooth, en Irlande, Paul jouait au football gaélique (c’est un mélange de football, rugby, volleyball et de basket, une bonne tourte à la Guinness ! ) à un niveau compétitif. Mais bam , une blessure à la mâchoire l’a forcé à réévaluer ses plans (ça change de Neymar !). 

Et là, coup de théâtre (littéralement) : il troque le ballon pour les planches et s’inscrit à la Lir Academy, une école de théâtre de Dublin. Diplômé en 2017, il débute sur scène dans des classiques comme The Great Gatsby et A Midsummer Night’s Dream. Mais c’est à l’écran que sa magie opère. 

Normal People

En 2020, Paul décroche le rôle de Connell Waldron dans Normal People, une adaptation du roman de Sally Rooney. Connell, c’est le mec réservé, introverti, et tellement attachant qu’il te brise le cœur juste en baissant les yeux (oui, je suis toujours trauma de cette série). La série, diffusée sur Hulu et BBC Three, explore sa relation compliquée avec Marianne (Daisy Edgar-Jones). Les émotions à fleur de peau, les silences pesants et… le fameux collier en argent (oui, lui aussi est devenu une star ), tout dans la performance de Paul est magnétique.  Pourquoi ce rôle l’a propulsé ?  Car Normal People met en lumière la complexité des relations modernes avec une authenticité rare. La série a marqué une génération et lancé des discussions sur la masculinité, la santé mentale, et les relations amoureuses. Paul, lui incarne un jeune homme en lutte avec son identité et sa santé mentale, un sujet encore trop peu abordé de façon aussi sensible. Ce qu’il lui a valu une nomination aux Primetime Emmy Awards, et il devient un sex-symbol malgré lui. Spoiler : il est bien plus que ça. 

 

Filmographie

Après Normal People, Paul aurait pu se contenter d’être “le mec sensible de la télé”. Mais non, il attaque des rôles cinématographiques variés et ambitieux : 

  • Aftersun (2022) : Il joue un jeune père dévasté par des troubles mentaux, dans un film déchirant qui te laisse en miettes émotionnelles. Nominé aux Oscars, merci. 
  • The Lost Daughter (2021) : Petit rôle mais big impact, aux côtés d’Olivia Colman. Tu le regardes et tu te dis : “Mais pourquoi il est aussi bon en trois scènes ?” 
  • God’s Creatures (2022) : Un homme accusé de crimes graves. Nuances, dilemmes moraux… Paul brille dans les zones grises. 🌫️ 
  • Carmen (2023) : Un opéra revisité version cinéma. Paul joue un ex-marine américain qui tombe sous le charme de Carmen, une femme pleine de passion et de mystère. Entre danses hypnotiques et paysages désertiques, il montre qu’il peut aussi être intense et romantique. Mais bon, soyons honnêtes, Carmen était un peu un warm-up pour… 

⚔️ Gladiator 2 (2024) ⚔️ : Là, on est sur du lourd. Paul endosse le rôle de Lucius, le fils de Lucilla (Connie Nielsen) et neveu de Commode (Joaquin Phoenix). Suite de l’épopée de Ridley Scott, le film plonge Lucius dans des intrigues politiques et des batailles colossales au Colisée. Paul passe de “guy next door” à “guy with a sword” sans broncher. Est-ce qu’on est prêt pour ce niveau d’intensité ? Non, mais on le suivra dans l’arène quand même. 🐾 

 

Vous allez me dire, c’est bon on a compris le mec monte depuis 4 ans, pas besoin d‘en faire toute un fromage. Où est l’icône de notre génération ?  

N’avez-vous jamais rêvé d’un acteur qui est à l’écoute et qui joue avec authenticité ? Paul dégage une “vibe” humble, loin du star-system hollywoodien bling-bling. Il reste ce gars irlandais qui parle de ses rôles avec sincérité, et ça nous touche. 

N’avez-vous jamais rêver d’un acteur “caméléon” ? Qui sait tout jouer ? 

 

Paul privilégie les projets avec du sens et des thèmes profonds. Il peut être un étudiant introverti, un jeune papa paumé, ou un guerrier antique. Il incarne chaque rôle avec un réalisme désarmant.  

 

Alors oui, on aurait pu parler de Zendaya, de Timothée Chalamet ou encore de Barry Keoghan…mais Paul Mescal, c’est l’acteur qui donne envie de croire au pouvoir des bonnes histoires. Qu’il joue dans un drame intimiste ou un épique historique, il nous rappelle que le cinéma, c’est avant tout un art de l’émotion.  

Alors, étudiants en cinéma, prenez note : trouver vos acteurs à l’acting authentique. 

 

Et toi, tu paries combien qu’il aura un Oscar dans les 5 prochaines années ? 

Seine-Saint-Denis Fabrique de rappeurs

Publiée le 12 February 2026
Seine-Saint-Denis Fabrique de rappeurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les ondes et dans les playlists, le « 93 » n’apparaît pas par hasard : depuis la fin des années 1980 et surtout durant les années 1990, une scène rap puissante s’est structurée dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis, faisant éclore des artistes qui allaient redéfinir la musique urbaine en France.

Saint-Denis a longtemps été décrit comme l’un des berceaux du mouvement hip-hop français graffiti, breakdance, sound systems et rap y ont trouvé un terreau particulièrement fertile au lendemain de la désindustrialisation et face à la montée du chômage. Ce rôle historique est documenté par des enquêtes de terrain et des récits de la scène qui font du département un épicentre culturel, au-delà des clichés médiatiques. La genèse se lit dans les visages et les noms qui ont marqué cette période.

Suprême NTM, formé à Saint-Denis en 1989 par JoeyStarr et Kool Shen, a cristallisé la colère et la fierté d’une jeunesse mise à l’écart, et posé des codes esthétiques et discursifs repris ensuite par quatre générations d’artistes. Les pratiques de rue graffitis sur les murs, jams de danse et premiers sound systems ont structuré un écosystème créatif où la musique devient à la fois mode d’expression et mode de vie. Ces racines collectives expliquent pourquoi la culture hip-hop a si durablement marqué le département.

La sociologie du 93 aide à comprendre cette permanence. Seine-Saint-Denis reste l’un des départements les plus jeunes et les plus denses d’Île-de-France, avec une population multiculturelle et des politiques publiques oscillant entre investissements culturels et déséquilibres socio-économiques. Ces caractéristiques favorisent une culture orale et de rue où le rap trouve à la fois son public et son réservoir d’expériences à raconter : quartiers, tours et cités deviennent matière première des textes, autant que des lieux d’apprentissage studios associatifs, MJC, collectifs et radios locales participent à la reproduction de ce vivier. Les données INSEE et les travaux socioculturels confirment l’importance d’un vivier jeune et urbain dans la dynamique locale.

La suite, c’est la mise en scène de la réussite : du local au national, puis au numérique. Des villes comme Sevran ont vu émerger Kaaris, Kalash Criminel ou Maes ; leurs parcours illustrent la trajectoire d’artistes qui passent des scènes de quartier aux millions de streams et aux contrats avec de grands labels. Le basculement vers le mainstream s’accélère au XXIᵉ siècle : plateformes de streaming, réseaux sociaux et économies de playlist ont permis à des voix initialement périphériques de toucher un public massif, le rap est aujourd’hui l’un des genres les plus streamés en France, et plusieurs artistes issus de la Seine-Saint-Denis figurent parmi les têtes d’affiche du paysage musical francophone.

Cette reconnaissance n’efface pas les tensions : glorification médiatique, accusations de violence ou de misérabilisme, et parfois une relation ambivalente des institutions à ces expressions culturelles. Pourtant, la réalité que racontent ces artistes, précarité, quête d’identités, solidarité de quartier a trouvé dans le rap un langage audible, commercialisable et exportable. Les Victoires de la musique, les grosses ventes et les chiffres de streaming ne sont que la face visible d’un processus long où le travail collectif (collectifs de beatmakers, petites salles, initiatives locales) a été déterminant.

Mohamed Bensmati

Normandie, berceau de l’impressionnisme

Publiée le 11 July 2024
Normandie, berceau de l’impressionnisme

 

 

 

 

                                                                                                                                                      © FESTIVAL : NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

 

 

Cette année a lieu la cinquième édition du Festival Normandie Impressionniste. Du 22 mars au 22 septembre 2024, le territoire normand revisite son héritage lié à l’impressionnisme à travers 150 événements. Une occasion de redécouvrir de grands peintres, à l’image de Claude Monet qui développa le mouvement en Seine-Maritime. 

Avec plus de 150 événements sur le territoire, la Normandie a de quoi impressionner : le Festival Normandie Impressionniste est célébré dans toute la région ! Au programme : animations, expositions, spectacles… Tout est mis en place pour faire découvrir l’héritage des peintres impressionnistes envoûtés par la Seine-Maritime grâce à sa lumière, ses ciels changeants, son eau turquoise, les flots vifs de la Côte d’Albâtre ou encore les méandres de la Seine. 

 

 

Un territoire fier de son héritage 

Né en 2010, le Festival Normandie Impressionniste amène le public à découvrir l’histoire du mouvement artistique : de sa création jusqu’à nos jours. Ainsi, les visiteurs se plongent dans de nombreux lieux d’art et de culture présents sur l’ensemble de la région. Cette année, de grandes stars feront leurs apparitions comme le peintre anglais David Hockney à travers l’exposition « Normandism » au musée des Beaux-Arts de Rouen, ou encore Bob Wilson. En collaboration avec l’actrice Isabelle Huppert, monument du cinéma français, l’illustre metteur en scène et plasticien offre une nouvelle couleur à la cathédrale de Rouen, lors d’une animation de sons et de lumières. Au fil des années, le Festival est devenu un rendez-vous majeur dans toute la France. En 2024, la Normandie va en mettre plein les yeux ! 

 

Normandie : la muse des impressionnistes

Ce mouvement, né dans les années 1860, cherche à représenter le caractère éphémère de la lumière et ses effets sur les couleurs et les formes. En 1874, une exposition réunit 30 artistes, dont Paul Cézanne, Berthe Morisot… et Claude Monet ! C’est grâce à son tableau Impression soleil levant, représentant le port du Havre de 1874 (Seine-Maritime) que le journaliste satirique Louis Leroy invente le terme “impressionnisme”. Grâce au tableau, l’Impressionnisme s’est développé en Normandie qui deviendra une terre d’inspiration pour de nombreux artistes comme Boudin, Renoir, Pissarro ou encore Sisley, qui aiment choisir les paysages de la Seine-Maritime comme supports pour leurs recherches picturales. Quant à Claude Monet, il dédiera de nombreux tableaux à la cathédrale de Rouen ainsi qu’à la falaise d’Etretat. Merci le Havre ! 

Portrait de Tristan Séguéla

Publiée le 30 April 2025
Portrait de Tristan Séguéla

Après des études de gestion dans une école où il se sentait « comme un fantôme », Tristan Séguéla décide de se consacrer à sa vraie passion : l’image. Débrouillard, il s’empare d’un camescope Sony et se lance dans de petits documentaires, tournés avec les moyens du bord. « Le plus important, c’est que je faisais », dit-il. « Je me sentais encore très loin de la fiction et le cinéma me semblait un territoire lointain. » En 2000, il traverse les États-Unis pendant trois mois pour filmer la campagne présidentielle : ces images deviendront November, USA, documentaire de 52 minutes autoproduit et vendu à la chaîne Canal Jimmy. Une première victoire pour le jeune réalisateur.

À partir de là, il se passionne pour le documentaire politique. « J’avais beaucoup d’admiration pour Raymond Depardon et Errol Morris et, de manière générale, les documentaristes d’observation », reprend-il. En 2001, il propose de suivre Lionel Jospin, pendant la campagne présidentielle : Les Communicants (2003), diffusé sur France 5, est très accueilli par la presse. « J’avais montré le film à la journaliste Raphaëlle Bacqué, du Monde, et elle avait consacré toute la Une du journal au film. Ça m’a donné une grande confiance que le documentaire soit reconnu. »

Dans le même temps, pour gagner sa vie, Tristan Séguéla tourne des clips et des publicités. C’est ainsi qu’il devient réalisateur attitré du DJ Martin Solveig avec qui il lance une série de petits films diffusés – Smash – diffusés sur YouTube. « C’était le début de YouTube et la série, tournée dans des décors incroyables, a eu un grand retentissement », poursuit Séguéla. « Je suis alors passé du camescope à l’appareil photo Canon 5D avec lequel j’ai fait tous les clips de Martin. » L’occasion, aussi, de se frotter à la fiction : « Martin voulait que je mette en scène de petites saynètes de comédie, dont j’étais l’unique cadreur et preneur de son, et le canal 5D me permettait d’avoir un ‘style cinéma’. » Le succès est tel que certains épisodes de Smash recueillent plus de 100 ou 150 millions de vues.

Remarqué par un producteur de cinéma qui recherchait un réalisateur pour un premier long métrage, il commence par refuser le projet car il n’a pas envie de s’embarquer dans une comédie. Mais il se ravise et finit par tourner le film, 16 ans ou presque (2013), avec Laurent Lafitte. C’est d’ailleurs sa rencontre avec ce dernier qui donne naissance au projet sur Bernard Tapie… qui mettra dix ans à se concrétiser. « C’est le projet qui m’a demandé le plus de travail et qui m’a le plus exalté », confie-t-il. « C’est aussi celui qui ressemble le plus à l’idée que je me faisais du métier que je rêvais de faire quand j’avais 12 ans. » Coécrite avec

Olivier Demangel, la série Tapie, diffusée sur Netflix, remporte un immense succès public et critique.

Entretemps, Tristan Séguéla aura réalisé Rattrapage (2017), autre comédie régressive qui, malheureusement, ne trouve pas son public. Puis, il écrit et réalise Docteur ? (2019), avec Michel Blanc, qui connaît un joli succès en salles, et Un homme heureux (2023), qui réunit Fabrice Luchini et Catherine Frot. Son dernier film, Mercato, autour d’un agent de joueurs de football à la dérive, est sorti en salles cette année. Porté par Jamel Debbouze, le projet est accueilli par le réalisateur comme un « véritable cadeau. » Un film, construit comme un thriller extrêmement soigné, qui révèle Jamel Debbouze dans un registre totalement inédit.

La guerre des mondes – un film passé inaperçu

Publiée le 18 February 2026
La guerre des mondes – un film passé inaperçu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Guerre des mondes est un film qui me hante depuis des années. Pour cet article, une question se pose très vite : comment réussir à parler d’un film pareil ? Par quel bout le prendre ? La Guerre des mondes est un objet inouï, de ceux dont on sort sans trop savoir ce qu’on a vu, ni même si ce qu’on a vu a réellement existé. À partir du moment où l’on commence à douter de la possibilité même d’un tel film, vous imaginez bien que l’idée d’en écrire un article devient un gouffre.

Revoir le film aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, c’est redécouvrir à quel point il condense les angoisses américaines du début des années 2000. Spielberg ne filme pas seulement une invasion extraterrestre ; il filme un monde qui s’effondre sans explication, un pays qui ne comprend plus ce qui lui arrive. La première apparition des Tripods surgissant d’un sol qui se fend comme une plaie est impossible à détacher des images du 11 septembre. La poussière grise, les buildings éventrés, les foules sidérées : tout renvoie à un imaginaire collectif traumatisé. Ce n’est pas un clin d’œil, c’est une empreinte. Ce qui frappe en revoyant La Guerre des mondes, c’est surtout sa capacité incroyable à inscrire chaque scène dans la mémoire du spectateur.

C’est peut-être ce que Spielberg maîtrise ici mieux que jamais : la faculté de créer des moments si sensoriels, si immédiats, qu’ils semblent imprimés en nous avant même que la scène ne se termine. La voiture qui s’arrête devant un carrefour déjà envahi ; la pluie de vêtements tombant du ciel comme un épouvantable écho des disparus ; le ferry pris d’assaut, basculant au-dessus d’une mer noire ; la cave où la lumière rouge des Tripods glisse sur les murs comme un organe vivant. Ce sont des images qui restent, non pas pour leur spectacle, mais pour leur charge viscérale. Chaque scène est un choc, chaque choc un souvenir. Au centre du film, il y a Ray Ferrier, interprété par un Tom Cruise étonnamment fragile. Ray n’a rien d’un sauveur spectaculaire que l’acteur incarne d’habitude : c’est un père un peu paumé, souvent maladroit, encore en apprentissage malgré son âge. Son divorce l’a laissé à distance de ses enfants, et chaque tentative pour les rassurer semble échouer avant même de commencer. C’est précisément cette fêlure qui rend le personnage si précieux : il ne sait pas comment être un bon père, mais il va devoir le devenir dans l’urgence la plus totale. Sa mission n’est pas de sauver la planète ; elle est plus difficile que cela : il doit garder ses enfants vivants, et surtout leur montrer qu’ils peuvent compter sur lui. C’est là que réside le véritable héroïsme du film. La relation de Ray avec Rachel et Robbie devient le cœur battant du récit. Chaque dialogue, chaque regard, chaque geste maladroit de protection raconte à quel point l’amour parental peut être imparfait mais profondément réel.

La scène du ferry condense à elle seule tout cela. C’est une séquence d’une virtuosité formelle, remarquable, mais aussi l’un des moments les plus amers du film. À l’instant où Ray et ses enfants tentent d’embarquer, la foule derrière eux se met à pousser, à hurler, à se battre pour quelques centimètres d’espace. Les Tripods sont là, menaçants, mais Spielberg montre autre chose : l’humain devient soudain un danger peut-être plus immédiat, plus incontrôlable que l’invasion elle-même. Le monstre, pour quelques minutes, n’a plus trois pattes métalliques, il a des visages humains, désespérés, écrasés par la panique. Le chaos ne vient plus du ciel, mais de la masse. Spielberg filme ce moment presque comme une Arche de Noé inversée : un radeau de survie qui, au lieu de protéger, menace de s’effondrer sous la pression des hommes eux-mêmes.

L’horreur du film est là : l’instinct de survie transforme parfois l’homme en un monstre plus dangereux que n’importe quelle créature venue d’ailleurs.

On reproche parfois au film sa fin abrupte, presque frustrante. Mais c’est précisément cette absence de catharsis qui fait sa force. Les extraterrestres ne sont vaincus ni par l’armée, ni par la bravoure humaine : ils tombent, soudainement, comme si leur puissance avait toujours été dérisoire. Et le monde, lui, reste cabossé. Il n’y a pas de grand discours, pas de célébration, pas de triomphe. Juste une famille qui se retrouve tant bien que mal. Comme après un traumatisme collectif, il n’y a pas de victoire, seulement une forme de survie.

C’est pour cela que La Guerre des mondes est un film si marquant. Au-delà du spectacle, il existe une lucidité brutale sur la fragilité du monde contemporain. Au-delà des Tripods, il y a l’idée d’un monde où tout peut basculer en un instant. Chaque souffle, chaque instant semble conçu pour s’imprimer durablement dans notre mémoire, comme une cicatrice sur notre visage. Un détail facinant est la façon dont Spielberg relie le film à son enfance : les grands-parents des enfants que l’on voit à la fin, étaients en réalité acteurs de l’adaptation filmique de 1953. Une boucle narrative incroyable : des témoins d’une invasion fictive des années 50 se retrouvent, cinquante ans plus tard, dans le rôle de figures familières, veillant sur la nouvelle génération. Comme si l’histoire de la peur, de la survie et de l’humanité se transmettait de façon tangible entre les générations, donnant au film une profondeur inattendue.

Romann Magnin

Piranèse, l’homme face à lui-même

Publiée le 15 July 2024
Piranèse, l’homme face à lui-même

Affiche du film de Paola Cortellesi, Il reste encore demain. © TOBIS Film GmbH

 

 

 

l’ESIS présente Susanna Clarke auteure britannique, en 2021, elle remporte le Women’s Prize for Fiction pour son roman fantastique, Piranèse. Ce livre conte l’histoire de Piranèse, un des deux seuls êtres vivants à habiter le Palais, une bâtisse infinie remplie de statues gigantesques. Le lecteur est plongé dans un récit onirique dans lequel la frontière entre le réel et l’imaginaire frise la folie. 

 

Un immense palais, des pièces qui se comptent par centaines, des marées : voici ce qui rythme la vie de Piranèse. Reclus dans sa demeure, cet homme s’est donné pour mission de noter toutes les spécificités du Palais. Ce bâtiment aux limites inconnues apparaît pour lui comme une divinité protectrice qui veille sur ceux qui l’habitent. Dans ce récit, retrouvez Piranèse et l’Autre. Tous deux mènent des recherches sur cette cité isolée. Le premier veut transcrire la beauté du lieu, tandis que le second cherche à dévoiler son secret. La possible existence d’une troisième personne chamboule le quotidien des deux hommes. La vie de Piranèse bascule avec sa perception du monde qu’il chérit tant.

 

Piranèse est le journal de bord du personnage éponyme. Le roman commence par la description méticuleuse de l’univers englouti où il demeure. Ce passage peut paraître long, mais ce n’est que l’entrée d’une narration labyrinthique qui captive un peu plus à chaque page. Si tout semble extrêmement concret, notamment à travers les descriptions de Piranèse, une atmosphère fantastique plane sur le Palais et ses habitants. Très vite, les questions se bousculent à propos de ce lieu submergé par les vagues.

 

Le roman joue avec la règle principale du genre fantastique : la frontière entre le réel et l’imaginaire. Cela est décuplé par la narration à la première personne. Tout est perçu du point de vue de Piranèse. Le familier et l’étranger sont constamment remis en question. Cela commence par l’orthographe des mots eux-mêmes. Plusieurs mots sont écrits en capitales en plein milieu de phrases et certains perdent leur sens au sein du Palais. Les éléments connus par Piranèse – la mer, les statues, les portes – sont aussi admis par celui qui habite le monde « réel ». Mais comment expliquer que Piranèse sache ce qu’est un jardin, alors qu’il n’y a aucune végétation dans le Palais ? Ce sont ces détails qui donnent certaines clefs sur la perception de Piranèse et qui rendent la lecture prenante. 

 

Si le roman est écrit du point de vue de Piranèse, il y a un second personnage qui représente un réel mystère : l’Autre. Le second – et seul ? – autre habitant du Palais diffère de Piranèse par bien des aspects. Cet homme est la seule personne avec qui le protagoniste principal peut échanger. Il est littéralement « l’autre », c’est-à-dire l’individu qui nous fait prendre conscience de notre individualité. Ce personnage questionne le rapport entre une personne et le reste de l’humanité. Il permet d’aborder des thèmes comme la dépendance ou le syndrome de Stockholm. 

 

Le Palais est l’élément qui lie les personnages entre eux. Il est possible de le voir comme une allégorie de la mémoire : la mémoire d’un monde révolu mais surtout celle de Piranèse. Celle-ci est l’un des enjeux centraux du roman. Le monde le plus riche du livre est sans doute celui présent dans l’esprit du jeune homme. Ses paroles, ses pensées et son amour pour la beauté donnent vie à la bâtisse. Il brise le silence et l’afflux des marées. Piranèse fait remonter à la surface une des peurs principales de notre société contemporaine : l’oubli. Le thème de la mémoire permet d’aborder les grandes questions d’identité et de santé mentale. Quoi de pertinent que la mémoire pour remettre en cause l’identité d’une personne ? 

La force de ce livre est de plonger dans les racines du fantastique. Piranèse n’est pas une réécriture de la mythologie grecque, malgré ce que suggère le titre. C’est un roman empreint du souvenir d’un ancien monde représenté par les statues de style grec, ainsi que les rituels et croyances antiques. L’auteure a imaginé un autre univers à la fois bienveillant et dangereux, comme un dieu antique. Le Palais est un espace liminal, un lieu entre notre monde et un monde oublié. Les souvenirs sont la clé de cette intrigue.

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