Piranèse, l’homme face à lui-même

Publiée le 15 July 2024
Piranèse, l’homme face à lui-même

Affiche du film de Paola Cortellesi, Il reste encore demain. © TOBIS Film GmbH

 

 

 

l’ESIS présente Susanna Clarke auteure britannique, en 2021, elle remporte le Women’s Prize for Fiction pour son roman fantastique, Piranèse. Ce livre conte l’histoire de Piranèse, un des deux seuls êtres vivants à habiter le Palais, une bâtisse infinie remplie de statues gigantesques. Le lecteur est plongé dans un récit onirique dans lequel la frontière entre le réel et l’imaginaire frise la folie. 

 

Un immense palais, des pièces qui se comptent par centaines, des marées : voici ce qui rythme la vie de Piranèse. Reclus dans sa demeure, cet homme s’est donné pour mission de noter toutes les spécificités du Palais. Ce bâtiment aux limites inconnues apparaît pour lui comme une divinité protectrice qui veille sur ceux qui l’habitent. Dans ce récit, retrouvez Piranèse et l’Autre. Tous deux mènent des recherches sur cette cité isolée. Le premier veut transcrire la beauté du lieu, tandis que le second cherche à dévoiler son secret. La possible existence d’une troisième personne chamboule le quotidien des deux hommes. La vie de Piranèse bascule avec sa perception du monde qu’il chérit tant.

 

Piranèse est le journal de bord du personnage éponyme. Le roman commence par la description méticuleuse de l’univers englouti où il demeure. Ce passage peut paraître long, mais ce n’est que l’entrée d’une narration labyrinthique qui captive un peu plus à chaque page. Si tout semble extrêmement concret, notamment à travers les descriptions de Piranèse, une atmosphère fantastique plane sur le Palais et ses habitants. Très vite, les questions se bousculent à propos de ce lieu submergé par les vagues.

 

Le roman joue avec la règle principale du genre fantastique : la frontière entre le réel et l’imaginaire. Cela est décuplé par la narration à la première personne. Tout est perçu du point de vue de Piranèse. Le familier et l’étranger sont constamment remis en question. Cela commence par l’orthographe des mots eux-mêmes. Plusieurs mots sont écrits en capitales en plein milieu de phrases et certains perdent leur sens au sein du Palais. Les éléments connus par Piranèse – la mer, les statues, les portes – sont aussi admis par celui qui habite le monde « réel ». Mais comment expliquer que Piranèse sache ce qu’est un jardin, alors qu’il n’y a aucune végétation dans le Palais ? Ce sont ces détails qui donnent certaines clefs sur la perception de Piranèse et qui rendent la lecture prenante. 

 

Si le roman est écrit du point de vue de Piranèse, il y a un second personnage qui représente un réel mystère : l’Autre. Le second – et seul ? – autre habitant du Palais diffère de Piranèse par bien des aspects. Cet homme est la seule personne avec qui le protagoniste principal peut échanger. Il est littéralement « l’autre », c’est-à-dire l’individu qui nous fait prendre conscience de notre individualité. Ce personnage questionne le rapport entre une personne et le reste de l’humanité. Il permet d’aborder des thèmes comme la dépendance ou le syndrome de Stockholm. 

 

Le Palais est l’élément qui lie les personnages entre eux. Il est possible de le voir comme une allégorie de la mémoire : la mémoire d’un monde révolu mais surtout celle de Piranèse. Celle-ci est l’un des enjeux centraux du roman. Le monde le plus riche du livre est sans doute celui présent dans l’esprit du jeune homme. Ses paroles, ses pensées et son amour pour la beauté donnent vie à la bâtisse. Il brise le silence et l’afflux des marées. Piranèse fait remonter à la surface une des peurs principales de notre société contemporaine : l’oubli. Le thème de la mémoire permet d’aborder les grandes questions d’identité et de santé mentale. Quoi de pertinent que la mémoire pour remettre en cause l’identité d’une personne ? 

La force de ce livre est de plonger dans les racines du fantastique. Piranèse n’est pas une réécriture de la mythologie grecque, malgré ce que suggère le titre. C’est un roman empreint du souvenir d’un ancien monde représenté par les statues de style grec, ainsi que les rituels et croyances antiques. L’auteure a imaginé un autre univers à la fois bienveillant et dangereux, comme un dieu antique. Le Palais est un espace liminal, un lieu entre notre monde et un monde oublié. Les souvenirs sont la clé de cette intrigue.

Skolae et ESIS, partenaires du World AI Film Festival

Publiée le 12 April 2025
Skolae et ESIS, partenaires du World AI Film Festival

 

 

 

À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les contours de la création, le groupe Skolae et son école de cinéma ESIS s’imposent comme des pionniers. Partenaires du World AI Film Festival (WAiFF), ils annoncent également le lancement d’une formation unique en IA et cinéma dès septembre 2025.

 

 

 

 

Une première mondiale à Nice : le World AI Film Festival

Les 11 et 12 avril 2025, la ville de Nice a accueilli la première édition du World AI Film Festival (WAiFF), événement international entièrement dédié à l’impact de l’intelligence artificielle dans le 7ᵉ art. Organisé par l’Institut EuropIA et le Département des Alpes-Maritimes, le WAiFF a réuni plus de 1 000 films issus de 60 pays, tous conçus grâce à l’intelligence artificielle.

Le festival a pour ambition de stimuler l’innovation dans le cinéma, tout en plaçant les enjeux de narration et d’éthique au cœur des débats.

ESIS : pionnière de la formation en IA appliquée au cinéma

En tant que partenaire officiel du WAiFF, l’ESIS (École Supérieure de l’Image et du Son), s’affirme comme une référence dans l’enseignement des nouvelles technologies appliquées au cinéma. Dès octobre 2025, l’école lancera une filière inédite : Gen-AI Film, un cursus Bac+3 (Bachelor) et Bac+5 (Mastère) intégralement dédié à l’usage de l’IA dans la création audiovisuelle.

Une pédagogie orientée vers la “creative intelligence”

Le groupe SKOLAE, auquel appartient l’ESIS, fait de l’intelligence artificielle une priorité pédagogique stratégique. Annabel Bismuth, directrice académique du groupe, affirme :

« En faisant de l’IA sa priorité pédagogique, Skolae joue un rôle de premier plan dans le développement de la creative intelligence. »

Les étudiants de l’ESIS en lice au WAiFF

Le partenariat va au-delà du soutien institutionnel : plusieurs créations étudiantes de l’ESIS ont été sélectionnées en compétition officielle au WAiFF. Ces projets, entièrement réalisés avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, témoignent d’un renouvellement des formes narratives et d’un fort engagement des jeunes talents dans l’expérimentation artistique.

Les étudiants d’autres écoles du groupe Skolae, comme l’ECITV (digital, communication et audiovisuel) ou l’ICAN (animation et design numérique), ont également présenté leurs œuvres.

Un partenariat salué par les professionnels du secteur

Marco Landi, président de l’Institut EuropIA et créateur du WAiFF, déclare :

« Former aux nouvelles pratiques du cinéma et de l’IA est une priorité. Grâce à son expertise et sa vision tournée vers l’avenir, Skolae est un partenaire clé pour accompagner cette transformation et préparer les talents de demain. »

Le WAiFF, soutenu par des partenaires comme techCannes, ClapAction, Génario et Studio Laffitte, se positionne comme une plateforme mondiale d’échange entre cinéastes, chercheurs, étudiants et technophiles.

L’ESIS au cœur de l’avenir du cinéma

Avec ce partenariat stratégique et le lancement d’une filière unique en cinéma et intelligence artificielle, l’ESIS s’impose comme une école de cinéma résolument tournée vers l’avenir. Les étudiants passionnés par le cinéma, les VFX et l’innovation technologique trouveront à l’ESIS un cadre de formation à la pointe des enjeux contemporains.

Gorillaz : par-delà la musique

Publiée le 11 June 2026
Gorillaz : par-delà la musique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Y a-t-il un groupe de musique britannique ayant plus marqué les esprits sur le long terme que Gorillaz ? Depuis le début du 21ème siècle, il offre une variété de styles sans précédent entraînée par de très nombreuses collaborations. Entre pop, rock, rap, électronique et musique du monde, autant de diversités qui font la richesse de ce groupe pour le moins insolite.

Mais qui est réellement Gorillaz ? Qui se cache derrière ces clips musicaux d’animation ? Qui sont ces personnages farfelus aux personnalités propres, aux histoires atypiques qui accompagnent l’image de Gorillaz depuis plus de 25 ans ?

L’histoire commence sur le canapé d’un petit appartement du quartier de Notting Hill, à Londres. Deux colocataires, Damon Albarn et Jamie Hewlett, portent ensemble un même coup de gueule. Ils sont lassés par l’industrie musicale britannique des années 90 qui glorifie davantage des profils de stars créés de toutes pièces par des labels. Et souvent au détriment de la musique… Damon Albarn, chanteur du groupe Blur, est alors un artiste britpop populaire avec des titres comme Girls and Boys (1994) ou la mythique Song 2 (1997) qui a traversé toutes les frontières. Jamie Hewlett lui, est dessinateur. Il a un univers décalé, futuriste, marginal. Engagé par le magazine Deadline en 1988, il crée la bande dessinée Tank Girl (1988-1995) qui devient un incontournable de la revue.

Naît alors la folle idée de créer un groupe musical entièrement fictif. Damon à la composition musicale et Jamie au dessin. Le duo est complémentaire.

Quatre personnages émergent. L’histoire se crée.

Gorillaz est né.

Le culte de la personnalité N’est pas très intéressant. Ce qui compte, c’est juste la musique en elle-même.” Damon Albarn

POURQUOI “GORILLAZ” ?

Dans les années 90, Oasis et Blur sont les deux grands rivaux de la britpop. C’est la plus grande bataille musicale d’Angleterre depuis les Rolling Stones contre les Beatles 30 ans avant. Noel Gallagher aurait dit “We’re the Stones and the Beatles. They’re the fucking Monkees !“. Monkees, un groupe fictif créé dans les années 60 pour une série américaine. Certains disent que Damon en aurait fait une revanche avec Gorillaz. D’autres sources préfèrent une version plus efficace : les deux compatriotes sont nés en 1968, l’année du singe ! Ce qu’on sait, c’est que Jamie aurait proposé le nom “Chimpanzee”. L’idée n’a pas plu à Damon, qui a préféré “Gorilla” car, je cite : “ils sont plus imposants“.

Stuart “2D” Pot

Chanteur et claviériste du groupe, il doit son surnom “2D” (pour “Two Dents”) à Murdoc, en raison de ses deux dents manquantes.

Enfantin, naïf et manquant surtout d’intelligence, il doit à Murdoc bon nombre de ses peines.

NOODLE

Enfant-soldat japonaise, elle est arrivée en Angleterre dans un carton par la poste. Quand 2D et Murdoc ont ouvert le carton, elle a effectué un solo de guitare avant de pointer son ventre et de crier “Noodle !”. C’est le seul mot anglais qu’elle sait prononcer.

MURDOC NICCALS

Maltraité étant enfant, Murdoc devient par la suite bassiste. Il rencontre 2D en effectuant un cambriolage où ce dernier travaillait.

Arrogant, fou, égoïste, violent et sataniste, il en est pas moins le fondateur et le leader autoproclamé du groupe.

RUSSEL HOBBS

Russel, batteur, a été kidnappé par Murdoc. Plus jeune, il a été possédé par des esprits. Ces derniers s’expriment depuis à travers lui, lui offrant les talents de batteur, rappeur et danseur. Très proche de Noodle, il l’élève comme sa fille.

Les débuts du groupe – DES PREMIERS PAS DE Géant

Le premier album du groupe sort en 2001 et s’intitule Gorillaz. Ne comportant que quatre singles, il se vendra 7 millions d’exemplaires à travers le monde. Damon et Jamie ne figurent même pas dans les crédits. L’iconique morceau Clint Eastwood brise les codes : mélange de rock et de hip-hop, utilisation inattendue du mélodica qui devient un air signature, couplets du rappeur Del… Le morceau s’inspire de la bande originale du film Le Bon, la Brute et le Truand (1966) d’Ennio Morricone. Le clip aussi marque les esprits : les mythiques gorilles sortant du sol d’un cimetière deviennent un véritable symbole du groupe.

Jamie Hewlett accorde beaucoup d’importance aux visuels du groupe ; aux covers, aux clips… Un univers fictif très large se crée peu à peu. Cette vitrine va permettre à Damon Albarn de s’extraire de la britpop qui a longtemps bridé Blur. Grâce à ses personnages, Gorillaz va pouvoir devenir un moyen de collaborer avec des artistes aux genres nouveaux, et de dépasser les frontières. Cette variété de styles va devenir une marque de fabrique pour le groupe qui n’hésite pas à tester de nouvelles approches. Damon Albarn multiplie les voyages et expérimentations musicales. Il découvre notamment la scène malienne et va collaborer avec certains artistes comme Amadou et Mariam pour qui il compose le morceau Sabali.

DEMON DAYS – LE PROJET MYTHIQUE

Les voyages de Damon Albarn et les évènements des années 2000 ont profondément marqué le deuxième album de Gorillaz. L’image du groupe ne sert plus uniquement à raconter les aventures fictives des personnages de Murdoc, 2D, Noodle et Russel. Demon Days analyse le monde et ses travers. Ainsi la guerre contre le terrorisme, les attentats du 11 septembre, l’invasion de l’Irak, la peur, la violence, la désinformation sont autant de sujets qui marquent l’écriture et la composition de l’album. Sorti en 2005, Demon Days est depuis double disque de platine aux États-Unis, quintuple disque de platine au Royaume-Uni, cinq fois nominé aux Grammy Awards. C’est un succès planétaire. On y retrouve des featurings très variés : Neneh Cherry, De La Soul, Ike Turner, etc. ainsi que des titres indétrônables. Kids With Guns critique la banalisation de la violence et l’influence des médias sur la jeunesse. Dirty Harry dénonce les mensonges entourant la guerre en Irak. Feel Good Inc. s’attaque à la société de consommation et à l’illusion d’un bonheur factice. Ce morceau devient l’un des plus grands succès du groupe.

Demon Days est un album osé et ingénieux. Les clips accompagnant les morceaux sont visuellement superbes. Pour la petite histoire, le clip d’El Mañana montre Noodle se faire attaquer par des hélicoptères. Les fans ont longtemps pensé à la mort du personnage. De plus, l’album est truffé de références. Le morceau Dirty Harry en est un bon exemple. Il fait référence à L’Inspecteur Harry, un film de 1971 avec Clint Eastwood. La cover du single est un hommage à Full Metal Jacket, un film de Stanley Kubrick sorti en 1987. Dans le clip, les véhicules militaires du désert semblent tout droit sortis de la bande-dessinée Tank Girl de Jamie Hewlett.

UNE EXPLOSION MONDIALE – plastic beach et la révélation

Gorillaz devient un groupe majeur de la pop mondiale, et de la pop culture en général. On les retrouve partout : vêtements, coques, objets dérivés en tout genre, jeux vidéo… Il devient alors difficile pour Damon et Jamie de se cacher derrière leur groupe fictif. Jusque là, leurs concerts mettaient en scène les personnages de Gorillaz sur des écrans géants, les musiciens jouant cachés grâce à des jeux de lumière. Damon se révèle enfin comme l’artiste musical derrière Gorillaz.

Les propositions de featurings se bousculent. Snoop Dogg, Lou Reed, Mos Def et même Bruce Willis en acteur principal du clip Stylo (Plastic Beach, 2010)… les collaborations se développent. L’album Plastic Beach sort en 2010, imprégné d’un besoin de dénoncer les désastres environnementaux et la surconsommation. Le concept : une île en plastique formée par des déchets. L’album est mélancolique, avec une pointe d’exotisme et des instrumentales envoûtantes. On Melancholy Hill est probablement le titre le plus apprécié de l’album. Damon multiplie alors les concerts, cette fois à découvert. Il invite de nombreux artistes à se produire à ses côtés. Le groupe vit des années florissantes au sommet de sa carrière artistique : des morceaux percutants, des featurings de renom, une popularité sans précédent…

Mais un aspect de Gorillaz semble peu à peu s’essouffler : l’essence même du groupe, ce qui le caractérise depuis ses débuts… Que deviennent 2D, Murdoc, Russel et Noodle ?

à la base, je rêvais d’être anonyme. Mais il y avait une vraie faille dans mon plan que mon ami Banksy a réussi à éviter, c’est que les gens me connaissaient déjà (avec blur).” Damon Albarn

JAMIE ET GORILLAZ – Le créateur oublié

Les fans savaient qui se cachait derrière Gorillaz ; la voix du chanteur de Blur était reconnaissable. Damon Albarn révèle officiellement son identité, et multiplie ses interprétations scéniques. Il s’épanouit de cette notoriété avec Gorillaz, vivant sa musique en direct avec le public.

Hélas, l’univers fictif des débuts est mis au second plan. L’aspect visuel et narratif de Gorillaz, guidé par les personnages de 2D, Murdoc, Russel et Noodle n’est plus au centre du projet. Pendant les tournées, des écrans, des animations et certains projets visuels se voient annulés faute de budget. Initialement, quatre clips doivent être créés par Jamie Hewlett pour l’album Plastic Beach. Seulement deux sont financés par le label. D’importants projets d’animations menés par Jamie n’ont jamais été finalisés. Alors qu’une monumentale tournée mondiale se déroule, le lore de Gorillaz disparait peu à peu.

Rhinestone Eyes, morceau emblématique de l’album, en est le triste exemple. L’animation du single devait raconter la bataille finale de Plastic Beach : l’effondrement de cet univers pollué, l’invasion de monstres marins, le retour de Noodle… Jamie Hewlett avait réalisé un storyboard animé complet pour un clip qui devait être l’un des plus ambitieux de toute l’histoire de Gorillaz. À cause des problèmes financiers et des tensions autour de la fin de l’ère Plastic Beach, le clip n’a jamais été terminé. Seuls des storyboards ont circulé sur Internet. Rhinestone Eyes représente ce que Plastic Beach aurait pu devenir si la vision de Jamie Hewlett avait été menée à son terme.

Un film sur l’univers de Gorillaz devait également voir le jour. Jamie et DreamWorks ont travaillé main dans la main pendant plusieurs mois mais ici aussi, le projet a été avorté. Ce qui aurait pu aboutir à un chef d’œuvre audiovisuel n’a malheureusement jamais vu le jour.

Au final on est arrivé au fait qu’ils voulaient faire un film familial qui ferait un carton au box-office. Mais ce n’est pas vraiment notre spécialité, donc on s’est retiré du projet.” JAMIE HEWLETT

Peu à peu, les relations entre Damon et Jamie se détériorent. Damon s’intéresse davantage à la musique, et voit de moins en moins d’intérêt à développer l’univers visuel du groupe. S’ensuivent alors trois années de silence, où chacun des deux artistes privilégie sa carrière personnelle. Gorillaz est mis au second plan.

(Petite note personnelle : je vous invite bien sûr à visionner tous les clips qui existent de Gorillaz. Ce sont à mes yeux de vrais bijoux audiovisuels ! C’est passionnant de voir l’évolution de l’univers de Jamie Hewlett au fil des années.)

Et aujourd’hui ? – Le grand retour

Damon et Jamie n’ont pas vécu leurs années de silence comme une rupture définitive. Ils avaient besoin de souffler après avoir poussé Gorillaz à un niveau d’ambition énorme avec Plastic Beach. Les deux hommes ont peu à peu retrouvé l’envie de collaborer sur Gorillaz et c’est ainsi que sort un nouvel album : Humanz (2017). Il y avait beaucoup d’engouement autour de cette sortie, vécue par les fans comme un grand retour pour le groupe. L’album a cependant mitigé les auditeurs, qui trouvaient Damon trop absent de son propre projet. Les nombreux artistes invités empêchent de dégager un fil conducteur. Au final, l’album est très mainstream et on perd cette originalité propre au groupe.

Mais cela n’empêche pas un soulagement général auprès de tous les fans de Gorillaz : le duo Damon et Jamie est de retour !

D’autres projets voient le jour au fil des années, dont les albums The Now Now (2018), Song Machine : Season One – Strange Timez (2020) et Cracker Island (2023). Des titres comme Humility, Tranz et Fire Flies sont très appréciés. Damon reprend le contrôle de ses albums et le lore de Jamie se développe. Un nouveau personnage, Ace, fait son apparition (qui n’est autre qu’un méchant du dessin animé Les Supers Nanas !)

Il y a quelques mois, un nouvel album a vu le jour : The Mountain, sorti en février 2026. Contrairement aux autres projets sur lesquels les artistes ont majoritairement travaillé séparément (Jamie vivant à Paris, et Damon à Londres), The Mountain a réuni les deux hommes dans un même pays : l’Inde. Marqués par la perte de membres de leur famille, ils trouvent leur inspiration et consolation dans la culture indienne. On retrouve les quatre personnages emblématiques dans un univers tout nouveau, guidés par des musiques introspectives et spirituelles. Damon et Jamie ont eu envie de proposer une œuvre complète et cohérente. C’est un pari réussi : une vraie homogénéité se dégage du début jusqu’à la fin de l’album. Les morceaux explorent l’acceptation du deuil dans une ambiance étonnamment chaleureuse. En plus de l’anglais, on retrouve de l’hindi, de l’arabe et du yoruba.

De nombreux artistes indiens sont en collaboration sur le projet, mais également des artistes africains, ainsi que des chanteurs décédés. Des enregistrements d’ancienne collaborations ont été utilisés, apportant une dimension particulière à l’œuvre. Ainsi on peut entendre Tony Allen sur The Hardest Thing, Bobby Womack et De La Soul sur The Moon Cave ou encore Dennis Hopper sur The Mountain.

C’est plus qu’un album pour nous, c’est comme un retour à un mood qu’on avait avec Gorillaz et qu’on avait pas vraiment réussi à retrouver depuis Plastic Beach.” – DAMON ALBARN

Après 25 ans de carrière, Gorillaz prouve qu’il est encore possible de surprendre et de repousser les limites de la pop. Né d’une imagination débordante, le groupe a toujours cherché à surprendre. D’une part avec les visuels riches et l’histoire passionnante de Jamie Hewlett, de l’autre avec l’amour brut de Damon Albarn pour la musique et la mixité des genres.

Gorillaz, c’est l’histoire d’une oeuvre en perpétuel mouvement. Portée par deux artistes passionnés, elle continue de s’écrire à travers le temps et les générations.

EMMA LALLEMAND

Portrait Jean-Baptiste Delafond

Publiée le 16 December 2024
Portrait Jean-Baptiste Delafond

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Baptiste Delafon s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris, passionné de cinéma et diplômé en philosophie, il s’est imposé comme un scénariste incontournable, tant pour la télévision que pour le cinéma. De Maison close à Baron Noir, il explore des univers variés, tout en collaborant étroitement avec des réalisateurs comme Thomas Kruithof et Yann Gozlan. Naviguant entre séries et longs métrages, il revendique une approche où chaque projet trouve son format idéal, tout en refusant l’étiquette de showrunner.

 

Après des études de philosophie, Jean-Baptiste Delafon, qui est très cinéphile, se tourne vers l’écriture pour le cinéma et la télévision. Il écrit quelques projets de longs métrages, qui ne se montent pas, et s’intéresse au petit écran dès le début des années 2000. « C’était une époque beaucoup moins riche qu’aujourd’hui, où il n’y avait pas encore les créations originales de Canal Plus et pas d’espace pour les séries d’auteur, alors qu’il y en avait à l’étranger, et surtout aux États-Unis », se souvient-il. « Et il y avait peu de raison d’espérer que la situation change. » En repérant les noms des sociétés de production aux génériques des séries, il inonde le marché de ses synopsis pendant plusieurs mois d’affilée. Il est alors engagé pour participer à Julie Lescaut sur TF1, puis à des polars comme PJ pour France 2. 

  

Rapidement catalogué comme auteur de séries policières, Jean-Baptiste Delafon ressent le besoin de changer de registre. « C’était le moment où Canal a lancé les créations originales », reprend-il. Il collabore à une série sur Napoléon, qui ne se concrétise pas, puis réécrit un projet dont le scénario était bancal : Maison close. Mais c’est surtout avec Baron Noir, diffusé entre 2014 et 2017, qu’il s’impose comme un formidable scénariste de séries politiques. Il collabore également à D’argent et de sang de Xavier Giannoli – autour de l’arnaque sur la taxe carbone – dont il conçoit la structure. Il enchaîne avec Une amie dévouée, adaptée du livre La Mythomane du Bataclan, avec Laure Calamy, et Merteuil, relecture des Liaisons dangereuses, interprété par Diane Kruger et Vincent Lacoste. Il vient également en renfort sur Tapie de Tristan Séguéla, pour Netflix, aux côtés d’Olivier Demangel. Se considère-t-il pour autant comme un showrunner ? « Je n’emploie pas ce terme car il s’agit d’un auteur-producteur qui a tous les pouvoirs », explique-t-il. « Il a la responsabilité de livrer la série. Une telle fonction n’existe pas en France. » 

  

Côté cinéma, il coécrit 16 ans… ou presque de Tristan Séguéla et, surtout, Les Promesses de Thomas Kruithof, thriller sociopolitique parcouru par une tension constante et superbement interprété par Reda Kateb et Isabelle Huppert. Il a tout récemment coécrit le nouveau projet de Thomas Kruithof, Les Braises, porté par Virginie Efira et Arie Worthalter, qui évoque le surgissement de la politique dans la vie d’une famille pendant le mouvement des Gilets Jaunes.  Il a par ailleurs coécrit Visions de Yann Gozlan et travaille actuellement avec le même réalisateur pour Gourou, autour d’un coach de vie qui devient gourou, interprété par Pierre Niney. « C’est formidable d’explorer des sujets en se demandant s’il correspond davantage au cinéma ou à la télévision et d’avoir la liberté de trouver, pour chaque projet, son bon format », dit-il. « Je pense qu’il y a beaucoup d’échecs parce qu’ils n’ont pas le format adapté. » Aimerait-il passer à la réalisation ? « Pas du tout. Mais s’épanouir vraiment dans ce métier suppose d’avoir de vraies complicités avec certains réalisateurs. Comme avec Thomas [Kruithof] dont je suis extrêmement proche et avec qui je parle des rushes quatre fois par jour ! Quand on a les bons interlocuteurs il n’y a pas de frustration. » 

Portrait Marina Foïs – Une fabuleuse actrice

Publiée le 15 October 2025
Portrait Marina Foïs – Une fabuleuse actrice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marina Foïs s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.

Comédienne inclassable et libre, Marina Foïs alterne avec la même aisance entre comédie, drame, polar et cinéma d’auteur, dessinant les contours d’une filmographie qui lui ressemble. Adolescente, elle rêve d’être « professeure ou archéologue », mais c’est la scène qui finit par s’imposer. « Je ne savais pas qu’on pouvait faire un métier de l’incarnation », confie-t-elle.

Après des débuts au café-théâtre, elle se fait remarquer au sein des Robins des Bois, dont l’humour décalé séduit Canal+ à la fin des années 90. Très vite, le cinéma révèle une actrice singulière, capable de passer du burlesque le plus libre au drame le plus sombre. Si elle se fait connaître du grand public avec RRRrrrr !!! (2004) d’Alain Chabat, elle refuse d’être cantonnée au registre comique. « Le cinéma, c’est un terrain de jeu », dit-elle, « et je refuse qu’on m’enferme dans un registre. »

Dès Darling (2007) de Christine Carrière, où elle campe une mère de famille désespérée, elle explore des rôles plus sombres, parfois extrêmes, qui confirment la précision vertigineuse de son jeu. Elle ne craint pas non plus d’explorer les zones d’ombre en interprétant une flic à bout dans Polisse (2011) de Maïwenn ou une romancière fascinée par un adolescent violent dans L’Atelier (2017) de Laurent Cantet. « J’aime ces personnages qui ne sont pas sympathiques, parce que ça les rend plus humains », dit-elle. Son goût du risque s’illustre aussi dans Irréprochable (2016) de Sébastien Marnier, où elle est glaçante d’ambiguïté, ou dans La Fracture (2021) de Catherine Corsini, où elle campe une bourgeoise déboussolée par la crise sociale.

Jamais prisonnière d’une image, elle passe avec aisance de la satire (Papa ou Maman, 2015, de Martin Bourboulon ; Le Grand Bain, 2018, de Gilles Lellouche) au thriller (Une intime conviction, 2017, d’Antoine Raimbault) et au drame psychologique (As Bestas, 2022, de Rodrigo Sorogoyen). « On me demande souvent pourquoi je change de registre, mais je ne saurais pas faire autrement », poursuit-elle. « J’ai besoin d’alterner, de me déplacer, de prendre des risques. » Cet éclectisme fait d’elle l’une des comédiennes les plus respectées et les plus audacieuses de sa génération.

Cinq fois nommée aux César, Marina Foïs s’impose comme une figure incontournable du cinéma français, tout en poursuivant une carrière théâtrale foisonnante. Elle a notamment interprété Les Idoles (2018) de Christophe Honoré et Une maison de poupée (2012) d’Ibsen dans la mise en scène de Jean-Louis Martinelli. En 2021, elle accepte de présider la cérémonie des César, fidèle à son goût du collectif et à son franc-parler. « Il faut arrêter de faire semblant que l’on ne fait pas ce métier par vanité », dit-elle en riant. « On a tous un ego. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait. »

Ces dernières années, elle a confirmé qu’elle était une des interprètes les plus audacieuses de sa génération. Elle a ainsi incarné Simone Signoret dans Moi qui t’aimais (2025) de Diane Kurys, présenté cette année à Cannes, où elle disparaît littéralement dans la peau d’une icône du cinéma français : « Ce qui m’intéressait chez Simone, c’est la période où elle a les cheveux gris, où elle boit et où elle a pris du poids, elle a vieilli, elle est marquée. Je ne connais pas d’autre actrice qui assume à ce point ce qu’elle est, et qui ne transforme pas ce qu’elle est, ni à son époque, ni aujourd’hui », reprend-elle. Et dans La Femme la plus riche du monde (2025) de Thierry Klifa, également présenté cette année sur la Croisette, elle donne la réplique à Isabelle Huppert en interprétant sa fille. Un rôle tout en souffrance contenue aux antipodes de la Signoret qu’elle incarne devant la caméra de Diane Kurys.

« Je ne cherche pas la performance », assure-t-elle. « Je cherche la vérité, même si elle n’est pas confortable. » Cette quête inlassable fait d’elle une actrice d’exception : tour à tour drôle, inquiétante, fragile, cruelle ou lumineuse – toujours habitée par une exigence rare. Et c’est peut-être là sa plus grande force : cette capacité à ne jamais se répéter, et à surprendre encore. On a hâte de la retrouver dans le prochain opus de Rodrigo Sorogoyen aux côtés de Javier Bardem.

Les anecdotes des meilleures chansons de Noël !

Publiée le 21 December 2023
Les anecdotes des meilleures chansons de Noël !

Les chansons de Noël captivent par leur charme intemporel, évoquant la magie des traditions et des moments partagés. Leurs mélodies empreintes de nostalgie créent une atmosphère chaleureuse, propice à la connexion émotionnelle avec nos proches. En résumé, l’amour pour ces chants réside dans leur pouvoir de réveiller la joie, de perpétuer les souvenirs et de célébrer l’esprit festif qui unit les générations.l’ESIS, vous partage les anecdotes des chansons de Noël les plus connues ! 

 

Les cinq chansons les plus écoutées en période de fêtes sont… 

 

  • All I Want for Christmas Is You – Mariah Carey :  

Publié le 1er novembre 1994, “All I Want For Christmas Is You” s’est démarqué en tant que premier single de l’album “Merry Christmas”, lancé sous la prestigieuse bannière de Columbia Records. Mariah Carey et Walter Afanasieff ont conjointement écrit cette chanson en à peine 15 minutes. En 2019, Mariah Carey a révélé à Entertainment Weekly : “J’avais déjà écrit la majeure partie de la chanson, et nous avons travaillé sur le pont et l’avons produite ensemble.” La composition de la chanson a eu lieu en août, à une époque où Mariah Carey était initialement sceptique quant à l’idée de sortir un album de Noël, qu’elle considérait comme peu compatible avec sa carrière.  

 

  • Last Christmas – Wham! :  

“Last Christmas” de Wham! est l’une des chansons de Noël les plus emblématiques des années 1980, et elle est toujours très populaire aujourd’hui. L’anecdote de cette chansons emblématique concerne cette foisci le tournage du clip ! George Michael s’est impliqué de manière significative dans la réalisation du clip, prenant soin de sélectionner minutieusement les objets de décoration et les tenues portées par les acteurs pour capturer l’atmosphère recherchée. Cela s’est déroulé malgré des conditions peu confortables : le chalet où se déroule l’intrigue, baptisé “Tita“, n’avait pas été chauffé avant l’arrivée de l’équipe. Pour éviter de tomber malade, le casting se réfugiait entre les prises dans un appartement voisin !  

 

  • Jingle Bell Rock – Bobby Helms : 

Jingle Bell Rock de Bobby Helms demeure l’une des chansons de Noël américaines les plus célèbres de tous les temps. Cette interprétation emblématique du classique de Noël a été créée et diffusée il y a plus de six décennies, apparaissant juste quelques jours avant Noël 1957.Les esprits créatifs derrière cette mélodie festive étaient le professionnel des relations publiques Joseph Carleton Beal et le directeur de publicité James RossBoothe. Toutefois, selon une entrevue de 1986, Helms a affirmé avoir apporté une contribution significative à la chanson, bien qu’il n’ait pas été officiellement crédité. À l’origine, Jingle Bell Rock ne comportait pas de “pont”, mais Helms a révélé qu’il avait rédigé celui qui a finalement été inclus dans la version finale, comprenant les lignes mémorables What abright time /it’s the right time / To rock the nightaway“. 

 

  • Let It Snow ! – Dean Martin : 

Après des décennies de diffusion sur les ondes pendant la période de Noël, la reprise de « Let It Snow » par Dean Martin a finalement intégré le Top 100 du classement Billboard en 2018. C’était la première fois en 49 ans qu’une chanson de Dean Martin figurait dans cette liste, la précédente étant « I Takea Lot of Pride in What I Am » en 1969. À ce moment-là, Martin était à seulement huit ans de surpasser le record de Louis Prima pour le plus long écart entre les succès du Hot 100, qui s’étendait sur une période de 57 ans. Ironiquement, “Let It Snow !” a été écrite pendant une vague de chaleur estivale en juillet 1945. Les paroles ont été écrites par Sammy Cahn, et la musique a été composée par Jule Styne. Ils ont imaginé la chanson comme une façon de se rafraîchir mentalement en pensant à la neige pendant une journée chaude d’été. 

 

  • It’s the Most Wonderful Time of the Year – Andy Williams :  

Parmi les chansons de Noël, certaines ont résisté à l’épreuve du temps pour devenir de véritables classiques. L’une d’entre elles est “It’s the Most Wonderful Time of the Year“.  

Cette chanson a été enregistrée pour la première fois par le célèbre chanteur américain Andy Williams. Cependant, avant de devenir le symbole de Noël que nous connaissons et apprécions tous, cette mélodie a débuté dans l’obscurité.Le titre a été écrit par Edward Pola et George Wyle, et Andy Williams l’a interprété pour la première fois sur son album de Noël intitulé “The Andy Williams Christmas Album”. Sorti en 1963, l’album a rencontré un véritable succès, propulsant la chanson à la notoriété publique. Williams a su insuffler vie à la mélodie avec sa voix chaleureuse et son style inimitable, faisant ainsi de “It’s the Most Wonderful Time of the Year” un classique instantané de la saison des fêtes. 

 

Se former pour le milieu de la musique  

 

Si votre ambition est de vous plonger pleinement dans l’univers de la musique, l’ESIS offre une formation approfondie et immersive de trois ans à travers le Bachelor Son et Musique. Cette expérience englobante vous permettra d’explorer les multiples facettes du domaine sonore. De plus, vous avez la possibilité de poursuivre votre cursus à l’ESIS pour deux ans en vous orientant vers le Mastère Réalisation et Production Sonore. 

Conçus pour nourrir votre passion et perfectionner les compétences indispensables à une réussite dans l’industrie audio, ces parcours en alternance se distinguent par leur équilibre entre théorie et pratique. L’école ESIS dispose également d’un matériel de haute qualité pour permettre aux étudiants de se professionnaliser davantage et de répondre aux nouveaux besoins du marché du travail. 

Le Fil de Daniel Auteuil : Défendre avec le cœur 

Publiée le 24 September 2024
Le Fil de Daniel Auteuil : Défendre avec le cœur 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 11 septembre 2024 est sorti au cinéma le dernier projet de Daniel Auteuil intitulé Le Fil. Le long métrage narre le procès d’un père que l’on accuse du meurtre de sa femme. Son avocat prend exceptionnellement l’affaire et commence, petit à petit, à s’investir personnellement pour son client. 

Chacun sait que la justice se doit d’être la plus impartiale possible et ne prendre en compte que les faits et non l’affect. Cela s’applique bien sûr aux avocats. Ils doivent être solides sur les preuves qu’ils avancent et prendre un maximum de recul sur les affaires pour éviter de tomber dans la compassion ou l’empathie. Voilà tout le propos de ce film, il s’interroge sur la “bonne” façon de défendre mais aussi sur la question de l’interprétation d’un fait. 

Résumé et construction

Le maître Jean Monier travaille comme avocat dans les environs d’Arles. Ce dernier ne s’est toujours pas remis de son dernier procès à la Cour d’Assises 3 ans plus tôt. Il a, à ce moment-là, innocenté un meurtrier qui s’est remis à attaquer peu après sa libération. Il s’est juré de ne plus mettre les pieds dans une Cour d’Assises pour éviter un tel drame. Il finit cependant par céder à sa femme et part interroger le client en question. Cet homme s’appelle Nicolas Milic et il est soupçonné de meurtre sur sa femme. Il est le père de cinq enfants et déclare que sa femme aurait quitté le domicile fortement alcoolisée et ne lui aurait pas laisser de nouvelles depuis ce départ. Il pretend même avoir été griffé par sa femme avant qu’il ne perde patience et l’insulte assez sèchement. En entendant cette histoire, Monier décide de reprendre l’affaire pour rendre à ses enfants Nicolas Milic.  

Le film est construit sur une alternance entre les séquences du procès, du premier au dernier jour, et d’autres séquences qui traitent de l’enquête et de l’évolution de la psychologie des personnages liés à ce dossier. Il est aussi ponctué de flashbacks pour situer le spectateur lorsqu’un suspect ou un témoin raconte ce qu’il a vu ou pas. 

La question de subjectivité 

Si nous devions résumer le film à une seule thématique, ce serait celle de la subjectivité. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, les deux mettent cet aspect en avant. En ce qui concerne la narration du film, la réalisation a fait le choix de ne pas mettre de personnage omniscient ou de plan de caméra qui donnerait un détail de plus à l’audience. Cela permet de plonger le spectateur dans la peau d’un des personnages, on est invité avec la Cour, à assister au dénouement du procès. Aussi le personnage de Monier est amené dans son écriture à très vite concevoir une vision parfaitement illusoire des faits qui vous sont proposés depuis le début. Il va se reconnaître dans ce personnage, s’y attacher, il va se convaincre qu’il est innocent et être déterminé à mener son affaire au bout. Le spectateur se retrouve donc dans la même position que Monier, il est perdu, seul face à ses propres convictions donc il se raccroche à tout ce qu’il peut pour s’en sortir puisque en aucun cas les avancées du camp adverse sont montrées à l’audience. 

Sur le fond comme sur la forme, le film parvient à offrir une approche intéressante d’un film de procès, souvent lent et progressif. Il déconstruit également l’image traditionnelle de l’avocat, souvent perçu comme froid et calculateur. Dans “Le Fil”, l’accent est mis sur l’aspect humain et psychologique de la profession. L’avocat est montré comme vulnérable, sensible, et presque proche de nouer une relation amicale avec son client. Reste à savoir si cela suffira pour sauver Nicolas. 

  

Théo Tourneur

Le festival de Cannes, une Histoire avec un grand C

Publiée le 8 July 2025
Le festival de Cannes, une Histoire avec un grand C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, le Festival de Cannes ! Ce rendez-vous mythique où le cinéma mondial se donne rendez-vous, où les stars défilent sur un tapis rouge plus long qu’une soirée Netflix, et où les dramas coulent à flot… autant à l’écran que dans les coulisses. Mais au-delà des flashs et des robes de gala, ce festival a une histoire aussi riche que… parfois rocambolesque.

La revanche sur Venise

En 1938, un député français propose de créer un festival international plus démocratique… mais surtout plus français. C’est en 1939 que Cannes a été créé. Oui, tu as bien lu : juste avant la Seconde Guerre mondiale. Pas le meilleur moment pour organiser un festival international.

Pourquoi Cannes ? Parce que Venise, le festival « cool » de l’époque, avait tendance à privilégier les films italiens (le favoritisme, tu connais). Alors la France a décidé : “Ok, on va faire pareil, mais en mieux.”

Le premier festival a été annulé à cause de la guerre (comme si on ne l’avait pas vu venir). Mais en 1946, Cannes est enfin lancé pour de bon. Et là, c’est la fête… même si à l’époque, il fallait un ticket pour voir les films (et pas un pour le tapis rouge, on est encore loin du glamour). Le festival est un véritable feu d’artifice culturel : premières projections publiques, jury international, et des films venus du monde entier. Mais attention, c’est loin d’être la fiesta permanente : on est en pleine guerre froide, et la politique se mêle déjà du festival. Certains films soviétiques ou américains sont boycottés, et le festival devient un terrain de jeu diplomatique.

Les années 60-70 : entre art et contestation

Cannes, c’est aussi le berceau de la Nouvelle Vague française, avec des cinéastes comme Godard, Truffaut ou Rohmer qui chamboulent les codes du cinéma. C’est là que le cinéma devient audacieux, casse les règles et provoque.

En 1968, le festival est carrément suspendu à cause des événements de Mai 68 en France. Les réalisateurs, à la place de remettre des prix, ont préféré faire grève pour protester. Oui, Cannes a eu son “lockdown” bien avant tout le monde. Ce moment montre que le festival n’est pas qu’une vitrine, mais un lieu où la contestation politique se mêle au cinéma.

Dans les décennies suivantes, Cannes devient la scène idéale pour lancer des carrières internationales. Des acteurs comme Brigitte Bardot, Marilyn Monroe, ou plus récemment Marion Cotillard ont foulé son tapis rouge. Mais Cannes, c’est aussi une usine à scandales : disputes entre réalisateurs, films censurés, jurys divisés, robes trop courtes ou trop extravagantes, ou stars qui oublient de remercier le jury (traître !). … Chaque année, Cannes, c’est aussi un soap opéra à ciel ouvert.

Aujourd’hui ,

Cannes, c’est LE lieu où se mélangent les genres, les cultures et les talents. Des blockbusters hollywoodiens aux films d’auteur plus intimistes, tout le monde peut (en théorie) trouver sa place. Le festival essaie aussi de devenir plus inclusif et engagé : plus de films de réalisatrices, plus de sujets sensibles abordés, plus de débats sur l’avenir du cinéma. Bon, il reste encore du boulot, mais les mentalités bougent. Et puis, Cannes, c’est aussi une énorme machine économique : hôtels blindés, soirées ultra privées, deals à plusieurs millions, et… selfies impossibles à éviter.

Malgré ses défauts et son côté parfois trop bling-bling, Cannes reste un carrefour incontournable du cinéma mondial. C’est là que les films qu’on va adorer (ou détester) sont révélés au grand public. C’est aussi un laboratoire de tendances : quels sujets, quels styles, quelles stars émergent ? Quel cinéma va faire vibrer les prochaines années? Et surtout, Cannes, c’est un peu le festival du rêve, où le septième art est célébré dans toute sa splendeur, avec ses hauteurs de vue et ses dérapages bien humains.

Lelia Tostivint

Cinéma : Retour sur 10 personnalités marquantes de 2023

Publiée le 12 December 2023
Cinéma : Retour sur 10 personnalités marquantes de 2023

L’industrie cinématographique est en constante évolution, chaque année apportant son lot de réalisateurs talentueux, d’acteurs et d’actrices exceptionnels ou de producteurs visionnaires. L’ESIS vous présente des personnalités ayant contribué à faire de 2023 une année mémorable pour le cinéma. 

 

 

 

 

 

 

Les 10 personnalités marquantes de cette année

  • Denis Villeneuve

Denis Villeneuve, producteur, réalisateur et scénariste a captivé les cinéphiles du monde entier avec son adaptation épique du roman de science-fiction “Dune”. Le film a reçu des éloges pour sa réalisation audacieuse et sa mise en scène visuellement époustouflante. La vision unique de Villeneuve a indéniablement laissé une empreinte durable sur le cinéma de 2023.

  • Zendaya

Zendaya, cette actrice, productrice, mannequin, danseuse et chanteuse a brillé en 2023, avec des rôles principaux dans des productions telles que la série à succès “Euphoria” et le film “Dune”. Grâce à sa polyvalence et à son talent, elle est devenue l’une des actrices les plus en vue de cette année.

  • Florence Pugh

Cette année Florence Pugh, cette actrice a continué à se démarquer grâce à sa performance dans “Don’t Worry Darling”. Son charme et son talent lui ont assuré une place de choix dans l’industrie du cinéma.

  • Taika Waititi 

En 2023, Taika Waititi, réalisateur, acteur et scénariste, a encore une fois ébloui avec ‘Next Goal Wins‘, un film comique et sportif inspiré d’une histoire vraie. Sa capacité à créer des univers comiques et captivants est indéniable. 

  • Kristen Stewart 

Kristen Stewart, actrice, réalisatrice et interprète américaine a été saluée pour sa performance dans “Spencer”, où elle a incarné la princesse Diana. La manière dont elle s’est transformée dans ce rôle a été l’un des moments marquants de cette année. 

  • Wes Anderson 

Wes Anderson a continué à nous émerveiller avec son film “Asteroid City”. Son style visuel unique et son sens de l’humour ont fait de lui l’un des réalisateurs les plus reconnaissables de l’industrie en 2023. 

  • Mahershala Ali 

Mahershala Ali, cet acteur a continué à impressionner avec sa performance dans “Swan Song”. Son talent pour incarner des personnages complexes font d’elle une des révélations de cette année. 

  • Quentin Tarantino 

Quentin Tarantino a peut-être annoncé sa retraite en tant que réalisateur, mais il a marqué 2023 avec “Once Upon a Time in Hollywood – The Novel”.  

  • Joaquin Phoenix 

Joaquin Phoenix, acteur, producteur et musicien a de nouveau étonné le public avec ses performances. Son rôle dans “C’mon C’mon” a montré sa sensibilité et son talent pour incarner des personnages complexes. 

 

Se lancer dans les métiers du cinéma avec l’ESIS 

Avez-vous également envie de laisser votre empreinte dans le monde du cinéma ?  L’ESIS propose un Bachelor Cinéma et VFX en prise avec la réalité des métiers du cinéma et des effets spéciaux délivrant un diplôme européen. Il est possible de poursuivre sa formation à l’ESIS sur un Mastère « Scénario réalisation » ou un Mastère en communication et production cinématographique. Ces formations délivrent des titres RNCP de niveau 6 et forment les futurs acteurs de l’industrie cinématographique et arme les étudiants pour s’intégrer à un secteur dynamique et créatif, de la phase de scénarisation qui initie un film jusqu’aux problématiques de réalisation.  

Et vous quelles sont les personnalités du cinéma qui vous ont marqué en 2023 ?  

Je n’ai pas d’idée…

Publiée le 4 February 2025
Je n’ai pas d’idée…

Vous connaissez cette sensation ? Vous êtes installé·e devant votre carnet, votre clavier, ou même une caméra, et… rien. Nada. Le vide intersidéral. Bienvenue dans l’univers terrifiant (et un peu relou) du syndrome de la page blanche. Spoiler alert : ce n’est pas que pour les auteurs de livres. Oui, chers scénaristes, réalisateurs, musiciens, et même techniciens, vous pouvez aussi tomber dans cet abîme créatif. Mais no panic : on va en parler, en rire, et surtout trouver comment en sortir. 

 

 

 

 

 

 

 

Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de “Page Blanche”? 

D’abord, posons les bases. La maladie de la page blanche, c’est ce moment où votre cerveau déclare forfait. Vous avez envie d’écrire cette scène incroyable, de composer cette mélodie, ou de visualiser ce plan magistral, mais… rien ne vient. Et vous restez là, à fixer le vide, comme si une solution allait sortir de votre cafetière (spoiler : elle ne sortira pas). 

Pour les scénaristes, c’est ce moment où vous vous demandez si votre personnage devrait vraiment ouvrir cette porte. Les réalisateurs, c’est le doute existentiel sur le choix d’un angle de caméra et pour les musiciens, c’est le désert harmonique où même le do ré mi refuse de coopérer. 

Le pire ? On se sent souvent seul dans cette galère. Mais je vous rassure, on est beaucoup dans le même bateau… qui rame. 

 

Suis-je atteint de la page blanche ?

Le syndrome du fichier vide : Vous ouvrez votre logiciel et il reste ouvert. Vide. Pendant des heures. Avec vous qui mangez des chips devant.

La sur-analyse : Vous passez 45 minutes à débattre avec vous-même sur un mot ou un détail insignifiant.

Le scénario catastrophe : Vous imaginez que tout ce que vous produisez sera critiqué, rejeté ou, pire, ignoré. (Merci l’anxiété.)

La procrastination : Vous avez soudain une envie irrésistible de ranger votre bureau ou de regarder des vidéos de chatons. Vous vous reconnaissez ? Alors félicitations, vous êtes officiellement un·e créatif·ve normal·e. 

 

Pourquoi ça arrive ? La page blanche a plein de coupables. Voici quelques suspects principaux : 

La peur de l’échec : Et si ce que je faisais était nul ? (Indice : c’est rarement aussi mauvais qu’on le pense.)

La pression : Vous devez produire vite, bien, et avec une inspiration divine… mais vous êtes humain.

Votre côté perfectionnisme : Vous voulez que tout soit parfait dès le premier jet. Spoiler : ce n’est jamais parfait du premier coup.

Il faut dormir ! (manque de repos) : Parfois, votre cerveau a juste besoin d’une pause. 

 

Comment s’en sortir ? (Parce que bon, faut avancer quand même) 

Acceptez l’imparfait : Le premier jet n’est jamais parfait. Et c’est OK. L’important, c’est de commencer.

Changez d’angle : Si une scène ou un passage vous bloque, attaquez un autre aspect du projet. Revenez-y plus tard avec un regard frais.

Laissez-vous inspirer : Regardez un film que vous aimez, écoutez une playlist inspirante, ou baladez-vous. Parfois, une idée naît au moment où on s’y attend le moins.

Fixez des limites de temps : Travaillez par tranches de 25 minutes avec une pause (la méthode Pomodoro). Cela crée un rythme et réduit l’angoisse du temps qui passe.

Partagez : Parlez à un·e collègue ou un·e ami·e de votre blocage. Parfois, expliquer un problème suffit à le résoudre.

ET SURTOUT MON PREFEREEEEEEEEE :

Dédramatisez : Ce n’est pas grave de bloquer. Cela arrive à tout le monde, même aux plus grands. (Oui, Spielberg aussi.) 

 

La maladie de la page blanche, ce n’est pas une fatalité. C’est juste une étape dans le processus créatif. Alors, respirez un bon coup, écrivez un mot (même si c’est « bonjour »), filmez une scène (même si c’est votre chat), composez une note… Bref, commencez quelque part. Parce que, comme disait un sage (probablement quelqu’un de très inspiré) : « Ce n’est pas le premier pas qui compte, mais celui que vous faites juste après. » 

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