Portrait de Michael Gabrion

Publiée le 24 April 2024
Portrait de Michael Gabrion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michael Gabrion, directeur du dĂ©veloppement fiction chez Gaumont, a eu le plaisir de rencontrer nos Ă©lèves lors de notre dernière session professionnelle du 16 avril. Dans cet article, l’ESIS vous propose de dĂ©couvrir le portrait de cet invitĂ© au parcours impressionnant, dressĂ© par Franck Garbarz. 

 

Après deux ans d’études en psychologie à l’Université Paris Nanterre et un Master 2 de cinéma à l’Université Paris Cité, Michaël Gabrion devient journaliste cinéma, pendant près de dix ans, jusqu’en 2017, principalement pour Canal+ et France Télévisions. Il cherche ensuite à se réorienter vers le développement de films et séries et n’hésite pas, dans le même temps, à reprendre des études de droit, économie et gestion de l’audiovisuel dans le cadre du Master 2 D2A de la Sorbonne. Il témoigne : « Je doutais d’arriver à faire du développement dans l’immédiat, car il n’y a tout simplement pas d’offre d’emploi. Alors j’ai voulu acquérir de nouvelles compétences, tout en développant mon réseau. Ce n’est pas évident de reprendre les études à 35 ans, mais j’ai compris que pour faire du développement les chemins étaient multiples. »

Parmi ces chemins, il y a aussi celui de lecteur de scénario, autrement dit, faire des fiches de lecture pour des sociétés de production, diffuseurs ou organismes. Ce qu’il fait pour le CNC à l’Avance sur recettes, ainsi que pour TF1 Studio, Arte Fiction, Orange Studio, Radar Films et d’autres. De fil en aiguille, en 2018, il devient directeur littéraire chez Scarlett Production (Citoyens clandestins, Les sauvages, Clara Sheller, Cœur Océan). Puis en 2021, il rejoint Gaumont Télévision où il crée le pôle développement dont il prend la direction, avec pour mission de trouver de nouveaux projets, tout en accompagnant ceux déjà existants.

Parmi les séries sur lesquelles son équipe et lui-même travaillent, on retrouve L’art du crime (France Télévisions), Pamela Rose, la série (Canal+) Becoming Karl Lagerfeld (Disney+), ou encore Lupin et Pax Massilia (Netflix) qui ont triomphé mondialement. Plus surprenant, au sein de Gaumont Michael Gabrion a aussi assuré le développement d’un podcast, la mini-série 1 euro la minute, prix SACD de la meilleure fiction sonore en 2022. « Gaumont Télévision a également des bureaux aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et depuis deux ans en Italie », précise-t-il. « L’idée est de s’implanter dans différents territoires, car les plateformes demandent des séries avec un fort ancrage local. En effet, les spectateurs regardent des fictions abordant des thèmes et des situations avec lesquels ils se sentent en empathie ».

En parallèle, Michael Gabrion a Ă©galement Ă©tĂ© lecteur pour le Fond d’aide Ă  l’innovation audiovisuelle (FAIA) du CNC, autrement dit, la commission d’aide aux sĂ©ries ; ainsi que jurĂ© pour la commission TV de la bourse Beaumarchais accompagnant les auteurs Ă©mergents de sĂ©ries. Il siège dĂ©sormais Ă  la commission TV de la PROCIREP, sociĂ©tĂ© des producteurs de cinĂ©ma et de tĂ©lĂ©vision qui instruit les demandes et attribue les aides Ă  la crĂ©ation d’Ĺ“uvres.

Début 2024, il est nommé producteur au sein de Gaumont Télévision.

Portrait de Gilles de Maistre

Publiée le 31 March 2025
Portrait de Gilles de Maistre

Si Gilles de Maistre a sans doute été profondément marqué, enfant, par son grand-oncle René Clément qui l’accueillait sur ses tournages, comme Paris brûle-t-il ? (1966), il entame sa carrière comme reporter et documentariste pour la télévision : il sillonne la planète pour alerter le grand public sur les guerres, les famines, et les catastrophes naturelles. En 1990, il décroche le prestigieux prix Albert-Londres de l’audiovisuel pour son documentaire J’ai 12 ans et je fais la guerre. Pendant quatre ans, il s’emploie à dénoncer les violences infligées aux enfants à travers le monde – qu’ils soient soldats, délinquants, emprisonnés, surdoués ou surprotégés. « Ma vie, c’est de partir avec une caméra, tout seul, et de courir le monde pour rencontrer des gens et raconter le réel », confie-t-il. « J’ai été beaucoup marqué par Au revoir les enfants (1987) de Louis Malle. C’est un film bouleversant dans sa pudeur et sa sensibilité qui m’inspire beaucoup dans la façon de traiter les sujets avec humanité et sans démagogie. ».

 

En 1994, il passe à la fiction avec son premier long métrage, Killer Kid, autour d’un jeune Libanais d’une dizaine d’années vendu par sa famille à un groupe terroriste qui compte faire de lui un tueur sans état d’âme. Également producteur, il accompagne Bouge ! (1997) et Dissonances (2003) de Jérôme Cornuau et des séries télé comme Brigade des mineurs de Miguel Courtois. En 2001, il signe son deuxième long métrage, Féroce, qui évoque l’extrême-droite et provoque quelques remous à l’occasion de l’élection présidentielle de 2002. Toujours fidèle à l’écriture du réel, il continue à produire et réaliser des documentaires, comme Le Premier cri (2007) qui s’attache à la maternité d’une dizaine de femmes de pays différents. Deux ans plus tard, il décroche le prix du jury au festival de la fiction de La Rochelle pour son premier téléfilm, Grands reporters, qui inaugure une nouvelle manière de réaliser de la fiction, en la plongeant dans le monde réel. « Même quand je tourne un gros film avec une équipe de cinquante personnes », dit-il, « mon but c’est de raconter quelque chose qui est inspiré par la vérité et par le monde qui nous entoure. »

 

Entre 2009 et 2012, il signe le portrait de personnalités, comme Jane Birkin ou Bernard Arnault, tout en continuant d’être inspiré par l’enfance à travers les documentaires qu’il leur consacre, comme Adopte-moi, Petits princes ou Alerte enfants disparus. En 2015, il entreprend un projet très ambitieux, tourné en Afrique du Sud, autour de l’amitié entre une petite fille et un lion : Mia et le lion blanc nécessitera trois ans de tournage, sans effets spéciaux, pour installer une véritable relation entre la jeune comédienne et le fauve. Le réalisateur s’explique : « Comme rien n’est truqué, le dispositif crée quelque chose de charnel, d’émotionnel, d’organique, qu’on ne peut pas recréer avec des effets spéciaux. » Sorti en salles en 2018, le film enregistre 1,5 million d’entrées en France et s’impose comme le plus gros succès français à l’étranger en 2019 avec plus de 6 millions d’entrées !

En 2018, Gilles de Maistre s’associe avec Mediawan pour créer une ligne éditoriale ambitieuse qui lui permet de développer Le Loup et le lion (2021), grande aventure familiale se déroulant au Canada, autour de l’amitié improbable entre ces deux prédateurs. Le film remporte de nouveau un très grand succès et se classe dans le Top 10 aux États-Unis au moment de sa sortie. Ne renonçant jamais au documentaire, le réalisateur tourne Demain est à nous (2019) qui s’attache à des enfants se battant, aux quatre coins de la planète, contre l’injustice et les souffrances dont ils sont les victimes. En 2024, il revient à la fiction avec Le Dernier jaguar qui dénonce le trafic d’animaux et la déforestation en Amazonie.

Avec Moon le panda, sorti le 9 avril 2025, Gilles de Maistre poursuit son cycle d’aventures entre enfants et animaux. Tout premier film à faire tourner des pandas depuis au moins vingt ans, Moon, tout comme Mia et le lion blanc, a été entièrement réalisé, en Chine, sans le moindre trucage. Une vraie prouesse en soi. « Début 2024 marquait le 60ème anniversaire des relations diplomatiques franco-chinoises », raconte Gilles de Maistre. « Macron est venu en Chine et a favorisé la mise en place de coproductions entre nos deux pays. Puis, mon parcours a rassuré les autorités et le scénario leur a plu : non seulement il milite pour la protection des pandas, mais le héros est lui-même franco-chinois. Sans compter qu’il est joué par le fils d’une star de cinéma et d’une chanteuse française, très connue là-bas. Miracle supplémentaire : le petit garçon a tout de suite connecté avec les pandas sans grande préparation. Les autorités chinoises nous ont donné l’autorisation de tourner dans le Sichuan – même si, jusqu’à la veille du tournage, on n’était pas à 100% certain d’avoir accès aux pandas !»

 

Les décors au cinéma

Publiée le 28 August 2025
Les décors au cinéma

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous l’avons vu le cinĂ©ma est un art de l’imaginaire et de la crĂ©ation, mais il puise aussi sa force dans la rĂ©alitĂ© et cela passe par les dĂ©cors qui l’entourent. Ces dĂ©cors, qui semblent parfois n’ĂŞtre qu’un fond passif sur lequel les personnages Ă©voluent, sont en rĂ©alitĂ© des acteurs Ă  part entière dans la narration cinĂ©matographique. Si les studios de cinĂ©ma font bien souvent office de terrain de jeu pour des productions monumentales, il existe un univers parallèle oĂą les lieux rĂ©els, les paysages authentiques, et les monuments historiques participent activement Ă  la magie du grand Ă©cran.

Les dĂ©cors français sont sans doute parmi les plus emblĂ©matiques du cinĂ©ma mondial. De la grandeur des châteaux aux ruelles pavĂ©es des petites villes, en passant par les majestueuses plages mĂ©diterranĂ©ennes, la France a tout pour servir de toile de fond Ă  des rĂ©cits Ă©piques. Prenons l’exemple Les Trois Mousquetaires, au lieu de tourner dans un studio, Martin Bourboulon a dĂ©cidĂ© de tournĂ©e Ă  55km de Paris au château de Fontainebleau. Y a pas que la Tour Eiffel !

Puis nous avons aussi les grands films fantastiques tels que Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, et Narnia qui utilisent Ă©galement des paysages naturels pour crĂ©er des mondes parallèles. Ces films, bien que reposant sur des effets spĂ©ciaux et des dĂ©cors en studio, n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  incorporer de vĂ©ritables paysages Ă©poustouflants.

Si une grande partie de l’univers de Tolkien a été recréée dans des studios néo-zélandais, il est impossible de parler de Le Seigneur des Anneaux sans mentionner les décors naturels qui ont servi de toile de fond à l’histoire. Les montagnes de la région de Fiordland et les forêts de la vallée de Wellington sont devenues les lieux mythiques où se sont déroulées les aventures de Frodon et de ses compagnons. Ces paysages, d’une beauté brute et sauvage, ont magnifiquement servi l’histoire de la Terre du Milieu. Comme quoi, il est essentiel de préserver notre planète si nous voulons encore qu’elle nous émerveille, tant dans la réalité que sur les écrans. Petite pensée de prévention pour rappeler que nous avons besoin de la planète pour vivre, mais elle, elle n’a pas besoin de nous.

Puis il y a aussi le classique de notre enfance, Harry Potter. Il faut savoir que le premier volet a utilisĂ© bien moins d’effets spĂ©ciaux que les suivants, et, je dois dire, on le voit ! Car c’est avec Harry qu’on dĂ©couvre le monde de la magie, et pour lui donner un cĂ´tĂ© plus authentique, autant faire de la vraie magie pour les enfants. Les dĂ©cors d’Harry Potter sont un fascinant mĂ©lange de magie et de lieux rĂ©els. Par exemple, le Château de Durham, avec ses tours imposantes, a servi de modèle pour Poudlard dans plusieurs scènes des films. Le pont de Glenfinnan en Écosse, qui relie l’île de Skye au reste du pays, est Ă©galement devenu un symbole du monde magique.

Autre univers fantastique, Narnia. Vous savez, ce lieu parallèle oĂą le petit Edmund a trahi ses frères et sĹ“urs pour des loukoums… Bon, on va pas lui en vouloir, il Ă©tait encore enfant, et puis il a bien grandi après. Vous ne trouvez pas qu’il y a une forte ressemblance entre les 4 maisons de Harry Potter et les 4 enfants Pevensie ? (DĂ©solĂ©e, je m’égare avec mes thĂ©ories, je reviens, je reviens).

Donc, les films de Narnia, basĂ©s sur les romans de C.S. Lewis, sont eux aussi un mĂ©lange de dĂ©cors rĂ©els et d’animation. L’un des lieux les plus marquants est la forĂŞt de Glendurgan en Cornouailles, utilisĂ©e pour reprĂ©senter le monde magique du Lion Aslan. L’arrière-plan de la mer, les collines verdoyantes et les grottes naturelles sont autant de dĂ©cors qui apportent un cĂ´tĂ© onirique et intemporel aux aventures des enfants Pevensie.

Alors, bien que les dĂ©cors rĂ©els soient souvent au centre de ces productions, les studios de cinĂ©ma restent un Ă©lĂ©ment indispensable Ă  la crĂ©ation d’ambiances et d’univers impossibles Ă  reproduire sur place. De nombreux films utilisent des dĂ©cors de studios comme CitĂ© du cinĂ©ma en France, ou les cĂ©lèbres Pinewood Studios en Angleterre. Ces derniers permettent de recrĂ©er des environnements fantastiques que les paysages rĂ©els ne peuvent offrir. Le cinĂ©ma a toujours eu une relation complexe avec ses dĂ©cors. Si les studios et les effets spĂ©ciaux sont incontournables pour certains genres, les dĂ©cors rĂ©els, les vĂ©ritables lieux historiques ou naturels, sont d’une importance capitale pour l’immersion du spectateur. Qu’il s’agisse des vastes paysages de la Terre du Milieu, des rues pavĂ©es de Paris ou des plages de l’île d’If, le cinĂ©ma puise sa magie dans la richesse de notre patrimoine naturel et culturel.

Finalement, les vrais dĂ©cors, les vrais paysages, sont bien plus qu’un simple arrière-plan : ce sont des personnages Ă  part entière, qui contribuent Ă  la narration, Ă  l’Ă©motion, et Ă  la vĂ©ritĂ© du film. Ce sont eux qui, parfois, nous rappellent que, mĂŞme dans les films les plus fantastiques, la rĂ©alitĂ© a toujours un rĂ´le Ă  jouer.

Alors soyez authentique, après tout, c’est bien la seule chose qui compte, non ?

Lelia Tostivint

Les 6 Avancées Majeures Réalisées dans le Domaine du Son

Publiée le 17 April 2024
Les 6 Avancées Majeures Réalisées dans le Domaine du Son

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le domaine du son a connu des avancĂ©es spectaculaires au fil des dĂ©cennies, propulsant l’industrie de l’audio vers de nouveaux sommets en matière de qualitĂ©, de crĂ©ativitĂ© et d’accessibilitĂ©. Ces avancĂ©es ont rĂ©volutionnĂ© la façon de percevoir et d’interagir avec le son, que ce soit dans le domaine de la musique, du cinĂ©ma, des jeux vidĂ©o, ou encore de la rĂ©alitĂ© virtuelle. L’ESIS vous dĂ©voile les 6 avancĂ©es majeures rĂ©alisĂ©es dans l’univers du son. 

 

1. Son Surround et Dolby Atmos 

 

L’une des avancĂ©es les plus significatives dans le domaine du son est l’avènement du son surround et du système Dolby Atmos. Ces technologies permettent de crĂ©er une expĂ©rience sonore immersive en reproduisant un champ audio tridimensionnel, enveloppant ainsi l’auditeur dans un son qui semble provenir de toutes les directions. Le son surround a rĂ©volutionnĂ© l’industrie du cinĂ©ma en offrant une expĂ©rience audio rĂ©aliste et captivante, tandis que Dolby Atmos a Ă©tendu cette immersion Ă  d’autres domaines tels que les jeux vidĂ©o, les concerts, et mĂŞme les installations rĂ©sidentielles. 

 

2. Révolution des Casques Audio 

 

L’Ă©volution des casques audio reprĂ©sente Ă©galement une avancĂ©e majeure dans le domaine du son. Des progrès technologiques tels que les transducteurs planaires, les systèmes de rĂ©duction de bruit actif et les algorithmes de spatialisation ont considĂ©rablement amĂ©liorĂ© la qualitĂ© et la prĂ©cision du son reproduit par les casques. Ces avancĂ©es offrent aux utilisateurs une expĂ©rience d’Ă©coute immersive et personnalisĂ©e, que ce soit pour Ă©couter de la musique, regarder des films ou jouer Ă  des jeux vidĂ©o. 

 

3. Intelligence Artificielle et Traitement du Son 

 

L’intĂ©gration de l’intelligence artificielle dans le traitement du son reprĂ©sente une autre avancĂ©e significative dans le domaine. Des algorithmes sophistiquĂ©s sont utilisĂ©s pour analyser, modifier et gĂ©nĂ©rer du son de manière automatisĂ©e, ouvrant de nouvelles possibilitĂ©s crĂ©atives pour les compositeurs, les ingĂ©nieurs du son et les artistes. L’intelligence artificielle est utilisĂ©e pour amĂ©liorer la qualitĂ© audio en temps rĂ©el. 

 

4.Réalité Virtuelle et Son 3D

 

La rĂ©alitĂ© virtuelle a rĂ©volutionnĂ© notre façon d’interagir avec le son en introduisant des environnements sonores 3D immersifs. Grâce Ă  des technologies telles que les casques de rĂ©alitĂ© virtuelle et les systèmes de suivi spatial, les utilisateurs peuvent explorer des mondes virtuels oĂą le son est positionnĂ© de manière prĂ©cise dans l’espace, crĂ©ant ainsi une sensation de prĂ©sence et d’immersion inĂ©galĂ©e. Cette avancĂ©e ouvre de nouvelles perspectives dans des domaines tels que le divertissement, l’Ă©ducation et la formation professionnelle. 

 

5. Synthèse Vocale et Réalisme Sonore 

 

La synthèse vocale et le rĂ©alisme sonore ont Ă©galement connu des avancĂ©es significatives grâce aux progrès de la technologie. Les algorithmes de synthèse vocale permettent de gĂ©nĂ©rer des voix humaines rĂ©alistes Ă  partir de simples textes, ouvrant ainsi de nouvelles possibilitĂ©s dans les domaines de la narration, de l’assistance virtuelle et de la crĂ©ation de contenu audio. Les techniques de rĂ©alisme sonore, telles que la capture et la reproduction fidèle des sons environnementaux, contribuent Ă  crĂ©er des expĂ©riences audios plus immersives et authentiques. 

 

6. Compression et Diffusion Audio en Streaming 

 

Enfin, les avancĂ©es dans le domaine de la compression audio et de la diffusion en streaming ont rĂ©volutionnĂ© la manière dont nous accĂ©dons et consommons le contenu audio. Des technologies telles que les codecs audios avancĂ©s et les plateformes de streaming haute qualitĂ© ont permis de diffuser du son de haute rĂ©solution sur une variĂ©tĂ© de dispositifs, offrant ainsi aux auditeurs une expĂ©rience audio sans compromis oĂą qu’ils se trouvent. Cette Ă©volution a Ă©galement stimulĂ© l’essor de la musique en ligne, des podcasts et des services de streaming vidĂ©o, transformant radicalement notre façon d’interagir avec le contenu audio. 

Pour se former dans le domaine du son, L’ESIS vous propose différentes formations en Bachelor Son et Musique. Cette formation de trois ans permet de découvrir tous les métiers liés au travail du son.         Si vous souhaitez poursuivre vos études à l’ESIS, il existe le Mastère Réalisation et Production Sonore. Pendant deux ans, vous serez formé à devenir de véritables professionnels polyvalents, prêts pour le monde professionnel.  

L’évolution des super-héros au cinéma : du Spider-Man de Sam Raimi au multivers actuel

Publiée le 7 April 2025
L’évolution des super-héros au cinéma : du Spider-Man de Sam Raimi au multivers actuel

 

 

 

Les super-héros et le cinéma, c’est une histoire d’amour compliquée. Un peu comme un couple qui traverse les années avec des hauts, des bas et des phases de pure expérimentation. Aujourd’hui, le genre est omniprésent, mais il n’a pas toujours été aussi bien installé. Mini retour sur l’évolution du super-héros au ciné, des débuts sérieux aux dérives du multivers où tout est possible (pour le meilleur et parfois pour le pire). 

 

 

 

 

2002 : Spider-Man de Sam Raimi – Le début d’une ère 

Avant le MCU, les films de super-héros, c’était un pari risqué. Et puis Sam Raimi a débarqué avec son Spider-Man et Tobey Maguire en costume moulant. On y trouve des effets pratiques bluffants (à l’époque), une BO de Danny Elfman qui résonne encore dans nos têtes et surtout un Peter Parker hyper dramatique, tiraillé entre ses responsabilités et ses galères sentimentales. Les scènes d’action sont fluides, le Bouffon Vert de Willem Dafoe est iconique, et le film prouve que oui, un héros en costume peut cartonner au box-office. C’est le point de départ d’un nouveau chapitre du cinéma. 

2008 : The Dark Knight – Quand Batman devient sérieux 

Christopher Nolan prend Batman et décide de lui retirer tous ses gadgets un peu kitsch pour en faire une figure plus ancrée dans la réalité. Exit les super-pouvoirs, place à un thriller criminel sombre qui ressemble plus à un film de Scorsese qu’à un blockbuster Marvel ou DC. Mais la vraie star du film, c’est Heath Ledger en Joker. Il vole la vedette à tout le monde avec une performance hallucinante, devenant la version définitive du Clown Prince du Crime. À partir de là, le super-héros devient plus qu’un divertissement : il peut être une vraie œuvre cinématographique, acclamée par la critique et surtout il ouvre le monde aux anti-héros. 

2012 – 2019 : Le MCU prend tout et ne laisse que des miettes 

Le game change complètement en 2012 quand Avengers débarque. Bon il y avait aussi Iron Man en 2008 qui a vraiment lancé le MCU et puis Captain America et Thor mais on va plus se concentrer sur les Teams Up.  Donc avec “Avengers”, on assiste à un crossover épique où plusieurs héros issus de films différents partagent le même écran. Le public est en délire. Marvel Studios enchaîne ensuite avec une stratégie ultra-millimétrée : chaque film prépare le suivant, chaque scène post-générique tease une intrigue plus grande encore. Le point culminant de cette saga titanesque ? Avengers: Endgame, un véritable phénomène culturel qui a transformé les salles de cinéma en véritables arènes de supporters en délire. Le moment le plus iconique ? Lorsque tous les héros réunis surgissent à travers les portails pour affronter Thanos dans une bataille dantesque. Une scène gravée dans l’histoire du blockbuster moderne, où chaque apparition déclenchait des hurlements de joie. 

Petit fun fact : Anthony Mackie, alias Sam Wilson, a enregistrĂ© son lĂ©gendaire “On your left” sous une simple couverture chez lui, Ă  la demande des frères Russo, qui voulaient garder le secret jusqu’au bout. Comme quoi, derrière la plus grande rĂ©union de super-hĂ©ros du cinĂ©ma, il y avait aussi un bon vieux système D. 

2021 et après : le multivers en roue libre 

Mais malheureusement l’Age d’or des super-hĂ©ros passe et le public commence Ă  se lasser, Marvel et DC sortent l’arme ultime : le multivers. LĂ  oĂą tout devient possible. Dont ramener des personnages morts ? (easy).  Faire cohabiter trois versions de Spider-Man dans le mĂŞme film ? CarrĂ©ment.  Manipuler le temps, l’espace et les rĂ©alitĂ©s alternatives ? C’est devenu la norme. Une astuce bien pratique pour ramener les visages iconiques qui ont forgĂ© la lĂ©gende de Marvel (et de DC aussi, mĂŞme s’ils ont dĂ©cidĂ© de remplacer Superman… avouons-le, Henry Cavill restait le meilleur choix). Le problème, c’est qu’à force de tout rendre possible, le super-hĂ©ros perd en impact Ă©motionnel. Pourquoi pleurer la mort d’un personnage s’il peut revenir par un tour de passe-passe dimensionnel ?  

Actuellement, on sent que l’industrie cherche un nouveau souffle, peut-être plus proche des films des années 2000 : des récits plus personnels, moins d’explosions, plus d’émotions. Et si le super-héros de demain était moins une icône cosmique et plus un humain ordinaire avec des failles (Bucky? Yelena, Bob) ? Parce qu’au final, ce qu’on aime dans les super-héros, ce n’est pas leurs pouvoirs, c’est leur humanité. 

 

Thunderbolts, bientôt au cinéma !

Robert Redford – Un hĂ©ritage inspirant

Publiée le 19 October 2025
Robert Redford – Un hĂ©ritage inspirant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Véritable symbole d’une Amérique libre et engagée, Robert Redford a incarné tout au long de sa carrière une multitude de personnages complexes. Journaliste aguerri pour Les Hommes du Président ou encore bandit controversé dans Butch Cassidy et le Kid, ses personnages ne manqueront pas de diversité. Le fil rouge cependant : des rôles intelligemment choisis pour lesquels ses interprétations font sens. Pour Robert Redford, il n’est pas question de s’engager dans une production qui ne respecte pas ses valeurs. Et finalement… il laisse chez le spectateur ce sentiment qu’il a toujours sa place à l’écran.

Icône du cinéma américain des années 70, Robert Redford est surtout un modèle et un appui pour les cinéastes indépendants. En 1981 il fonde le Sundance Institute dans l’Utah dans le but de soutenir de jeunes cinéastes et de promouvoir une économie locale, loin de la sphère hollywoodienne. Rebaptisé le « Sundance Film Festival » en 1991 en référence au rôle de Robert Redford dans Butch Cassidy et le Kid, le festival va révéler de nombreux réalisateurs tels que Quentin Tarantino avec Reservoir Dogs, Damien Chazelle avec Whiplash, Jonathan Dayton avec Little Miss Sunshine… et bien d’autres encore.

 

« Pour moi, le mot qu’il faut souligner, c’est “indépendance”. J’ai toujours cru en ce mot. […] Je voulais créer un espace qui soutienne les artistes indépendants à qui on ne donnait pas la chance de se faire entendre. »

Robert Redford pour l’Associated Press, 2018

Redford est aussi un acteur qui choisit minutieusement ses rôles, calqués en réponse aux évènements qui touchent l’Amérique des années 70/80. Il joue dans Jeremiah Johnson (réalisé par Sydney Pollack en 1972) un ancien soldat quittant la civilisation pour vivre en ermite dans les montagnes de l’Ouest américain. Le film nous évoque une querelle interne américaine ; un tiraillement entre le besoin d’une société construite et celui de l’émancipation dans la nature. Pour Sydney Pollack, « cela fait tellement parti de l’Amérique que c’est presque un cliché : le plus jeune pays du monde après Israël, qui se souvient encore des terres vierges et qui est déjà hyper-civilisé et au bord de la destruction. Il y a une tension et une dynamique américaines dans ces deux besoins contradictoires, celui de la solitude et celui d’une société chaleureuse. » Robert Redford n’a que trop bien vécu cette opposition ; quand les acteurs migrent vers Hollywood, lui part s’émanciper dans les terres de l’Utah.

Que dire de Les Hommes du PrĂ©sident (rĂ©alisĂ© par Alan J. Paluka en 1974), retraçant l’enquĂŞte journalistique qui a permis de rĂ©vĂ©ler le scandale du Watergate aux Etats-Unis. Sorti en salles deux ans après la dĂ©mission de Richard Nixon, le film s’inscrit dans un contexte politique lourd. Robert Redford y incarne un journaliste d’investigation subtil et mĂ©thodique, mettant le doigt sur la paranoĂŻa qui gagne les Etats-Unis Ă  cette pĂ©riode. Il confiera lors d’une interview pour l’AARP : « Je voulais me concentrer sur quelque chose que d’après moi peu de gens savaient : comment les journalistes obtiennent l’histoire ? ».

Robert Redford laisse un héritage unique : acteur et réalisateur iconique, militant pour l’environnement et le cinéma indépendant, il a inspiré des générations par son intégrité, son engagement et son soutien aux jeunes talents.

Emma Lallemand

Quels sont les secrets d’un bon doublage de cinéma ?

Publiée le 17 June 2024
Quels sont les secrets d’un bon doublage de cinéma ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le doublage au cinĂ©ma est une composante essentielle de l’industrie cinĂ©matographique, qui permet de rendre les films accessibles Ă  un public plus large Ă  travers le monde. Cependant, un bon doublage ne se rĂ©sume pas simplement Ă  traduire les dialogues. C’est un art complexe qui exige des compĂ©tences techniques et artistiques pour transmettre avec prĂ©cision les Ă©motions et les intentions des acteurs originaux. L’ESIS vous prĂ©sente ses conseils pour rĂ©aliser un doublage de qualitĂ© au cinĂ©ma. 

 

Ă€ L’ESIS, les Ă©tudiants ont l’occasion de mettre en pratique leurs compĂ©tences de doublage dans des projets de film et de mĂ©dias audiovisuels rĂ©alisĂ©s au sein de l’Ă©cole. Cela leur permet d’acquĂ©rir une expĂ©rience pratique et de perfectionner leurs compĂ©tences sous la supervision d’experts de l’industrie. 

 

1. Compréhension du Contexte et des Personnages :

Avant de commencer le doublage, il est essentiel de comprendre parfaitement le contexte du film ainsi que les traits distinctifs des personnages. Les comédiens de doublage doivent étudier attentivement le script, regarder les scènes originales et analyser les nuances des performances des acteurs. Cette compréhension approfondie permet aux comédiens de capturer avec précision les émotions, les tonalités et les intentions des personnages lors du doublage. 

 

2. Maîtrise de la Synchro-Labiale :

La synchronisation labiale est un aspect crucial du doublage, car les dialogues doivent correspondre Ă©troitement aux mouvements des lèvres des acteurs originaux. Les comĂ©diens de doublage doivent synchroniser leurs performances vocales avec les mouvements des lèvres Ă  l’Ă©cran, en veillant Ă  ce que les mots et les expressions faciales concordent de manière naturelle. Cela nĂ©cessite une grande prĂ©cision et une comprĂ©hension intuitive du rythme et du timing. 

 

3. Utilisation appropriée de la voix :

Une bonne utilisation de la voix est essentielle pour donner vie aux personnages doublĂ©s. Les comĂ©diens de doublage doivent ĂŞtre capables de moduler leur voix pour correspondre aux caractĂ©ristiques vocales des acteurs originaux, tout en ajoutant leur propre touche personnelle pour crĂ©er des performances authentiques. Cela peut impliquer de varier le ton, le volume, le dĂ©bit et l’accentuation pour transmettre les Ă©motions et les nuances du personnage. 

 

 4. Adaptation créative du texte :

Bien que le doublage implique souvent la traduction directe des dialogues, il peut parfois ĂŞtre nĂ©cessaire d’adapter le texte pour mieux correspondre Ă  la langue et Ă  la culture de la version doublĂ©e. Les adaptateurs de dialogue doivent ĂŞtre capables de trouver des Ă©quivalents appropriĂ©s pour les jeux de mots, les rĂ©fĂ©rences culturelles et les expressions idiomatiques, tout en prĂ©servant l’intĂ©gritĂ© et l’intention du dialogue original. 

 

 5.Collaboration étroite avec les réalisateurs :

Une collaboration Ă©troite entre les comĂ©diens de doublage, les adaptateurs de dialogue et les rĂ©alisateurs est essentielle pour garantir un doublage de qualitĂ©. Les rĂ©alisateurs peuvent fournir des indications prĂ©cieuses sur les tonalitĂ©s, les Ă©motions et les intentions des personnages, guidant ainsi les performances des comĂ©diens de doublage pour atteindre l’impact souhaitĂ©. Cette collaboration permet Ă©galement d’assurer une cohĂ©rence globale avec la vision artistique du film. 

 

6. Enregistrement et mixage professionnels :

La qualitĂ© de l’enregistrement et du mixage audio est cruciale pour un doublage rĂ©ussi. Les studios de doublage doivent ĂŞtre Ă©quipĂ©s de technologies de pointe pour garantir une qualitĂ© sonore optimale. Les ingĂ©nieurs du son doivent veiller Ă  ce que les voix des comĂ©diens de doublage soient claires et bien Ă©quilibrĂ©es par rapport aux autres Ă©lĂ©ments audio du film, tels que la musique et les effets sonores. 

 

Vous voulez exceller davantage dans le domaine du doublage ?  

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L’Impact de la Musique sur l’ExpĂ©rience CinĂ©matographique

Publiée le 14 April 2025
L’Impact de la Musique sur l’ExpĂ©rience CinĂ©matographique

 

 

 

Qui n’a jamais regardé un film et senti son cœur s’accélérer à la première note de musique, ou sa gorge se serrer à l’apparition d’une mélodie tristement familière ? La musique au cinéma ne se contente pas de remplir le vide sonore. Elle guide les émotions, soutient le rythme de la narration, et parfois même fait office de personnage à part entière. Mais au-delà de son aspect pratique, la musique dans un film est un outil puissant qui peut influencer la manière dont nous ressentons l’histoire, le message, et même les personnages. 

 

 

 

La musique : une traduction émotionnelle 

Imaginez un instant la scène d’ouverture de Star Wars sans la fameuse John Williams March. Plutôt qu’un appel à l’aventure, ce serait un simple générique de début, fade et sans âme. Ce thème musical est tellement lié à l’univers de Star Wars que dès que les premières notes résonnent, on sait exactement ce qui va suivre : une épopée de science-fiction épique, avec des batailles, des héros et des rebelles (et des Daddy Issues pour certains personnages). 

Dans des films comme Pulp Fiction de Quentin Tarantino, la bande-son est tout aussi déterminante. Tarantino utilise la musique non seulement pour accentuer l’impact des scènes, mais aussi pour construire l’identité de ses personnages. La musique dans ses films devient un moyen de communication, un langage que le spectateur comprend instantanément, souvent plus que les dialogues eux-mêmes. 

Les effets psychologiques de la musique sur le spectateur sont évidents. Un film d’horreur ne serait pas aussi effrayant sans une musique inquiétante (merci, Psycho), un drame romantique aurait du mal à toucher les cœurs sans une mélodie douce et émotive. C’est la puissance de la bande-son : elle manipule notre perception de l’image, renforce la tension, la tristesse, l’excitation, et même l’humour.  

Le lien avec le public

Un autre aspect intĂ©ressant de l’utilisation de la musique dans les films modernes est la manière dont elle crĂ©e un lien avec le public. Dans un blockbuster comme Guardians of the Galaxy, la bande-son est utilisĂ©e pour jouer sur la nostalgie des spectateurs. Chaque chanson, en plus de son rĂ´le dans l’histoire, Ă©voque un souvenir commun de l’époque oĂą elle a Ă©tĂ© popularisĂ©e. La musique devient alors un pont entre les personnages du film et nous, les spectateurs, renforçant l’attachement Ă  l’histoire. Cette technique est Ă©galement utilisĂ©e dans L’Amour Ouf de Gilles Lellouche, qui joue avec la nostalgie Ă  l’écran mais aussi avec le son et les musiques comme The Cure ou autres…. 

Les innovations technologiques ont aussi permis d’étendre l’impact de la musique. Avec des systèmes comme le Dolby Atmos, les bandes-son ne se contentent plus de remplir l’espace sonore en deux dimensions. Elles deviennent des éléments immersifs, englobant le spectateur dans l’univers du film. Vous ne regardez plus seulement un film, vous y êtes plongé. 

En conclusion, la musique au cinĂ©ma n’est pas qu’une simple touche de fond. Elle est essentielle pour la construction de l’atmosphère, la narration, et l’émotion. Elle transforme une simple scène en un moment inoubliable et renforce l’impact du film sur le spectateur. Les films modernes, avec leurs technologies innovantes, ont rendu la musique encore plus omniprĂ©sente et influente. C’est cette relation intime entre la musique et le spectateur qui rend l’expĂ©rience cinĂ©matographique si unique. Donc choisissais bien votre musique de court-mĂ©trage les copaings ! 

François Ozon filme l’Ă©tranger

Publiée le 20 November 2025
François Ozon filme l’Ă©tranger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François Ozon n’a jamais caché que L’Étranger d’Albert Camus le hantait depuis l’adolescence : relire le livre l’a « profondément ému », et quand les droits sont devenus disponibles il a décidé d’en faire son prochain film. Le projet, produit par la société FOZ en coproduction avec Gaumont et France 2 Cinéma (entre autres), a pris forme en 2025 :

 

Benjamin Voisin a été choisi pour incarner Meursault, aux côtés de Rebecca Marder, Pierre Lottin, Swann Arlaud et Denis Lavant, et la première mondiale a été programmée en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025. Gaumont assure la distribution française avec une sortie en salles annoncée le 29 octobre 2025.

Le tournage, qui devait restituer l’Alger de la fin des années 1930, s’est finalement déroulé au Maroc : Ozon a tourné en avril 2025 à Tanger, ville utilisée pour représenter Alger à l’écran. Les premières images et la bande-annonce, diffusées à l’été 2025, traduisent un parti pris esthétique marqué, bande-annonce en noir et blanc et cadre très épuré qui annonce une transposition volontairement sobre et concentrée sur la matière du texte. La photographie est signée Manu Dacosse et la bande-son par la compositrice Fatima Al Qadiri, deux choix qui renforcent l’impression d’un film pensé comme un « objet littéraire » mis en images.

Fidélité ou réinterprétation ? Ozon joue depuis longtemps des deux registres : capable d’adaptations très libres comme de transpositions très maîtrisées, il a expliqué qu’il abordait L’Étranger avec le désir d’en respecter la puissance sans pour autant se mettre en posture d’exégète. Plusieurs maisons de production et notes de presse évoquent un parti pris plutôt « épuré » et fidèle au roman, mais débarrassé des facilités didactiques : Ozon veut rendre la sécheresse et l’étrangeté du texte à travers le regard, la lumière et le rythme du montage, un exercice d’équilibre entre la lettre du livre et la nécessité cinématographique. Ce choix se lit d’ailleurs déjà dans la mise en images et dans l’économie des dialogues de la bande-annonce.

Au-delà du défi formel, l’adaptation pose des questions politiques et morales : L’Étranger est ancré dans l’Algérie coloniale et interroge la rencontre entre des subjectivités, la violence et la justice. Adapter Camus aujourd’hui oblige à se confronter à ce contexte colonial, un terrain sensible qui peut transformer la lecture du roman. Les commentateurs soulignent que le film arrive à un moment où la littérature et le cinéma doivent affronter les héritages impériaux et la manière dont on met en scène l’Autre ; la sélection à Venise signale que les programmateurs estiment qu’Ozon a trouvé une façon pertinente d’ouvrir ces débats à l’écran.

Qu’attendre concrètement ? D’abord un film qui revendique la sobriété : casting jeune et attachant pour le rôle de Meursault (Benjamin Voisin), parti pris visuel en noir et blanc, et un montage qui semble privilégier la lenteur et l’ellipse plutôt que la démonstration. Ensuite, un déplacement du débat vers les questions d’époque et de légitimité : comment raconter l’indifférence sans la justifier, comment restituer la violence sans l’exploiter ? Enfin, la réception au festival de Venise donnera les premières clefs : critiques, polémiques éventuelles, mais surtout la possibilité de mesurer si Ozon a su faire parler Camus au cinéma d’aujourd’hui.

Mohamed Bensmati

Palmarès du 77ème Festival de Cannes

Publiée le 18 July 2024
Palmarès du 77ème Festival de Cannes

 

 

 

© fdc 

Du 14 au 25 mai 2024 a eu lieu le Festival de Cannes. Au total, ce sont 8 films récompensés sur les 22 en lice. Retour sur les prix de la cérémonie.

Le samedi 25 mai s’est terminée la 77ème édition du Festival de Cannes, dont la Palme d’or fut décernée à Sean Baker pour Anora. Même si la parité hommes-femmes n’était pas au rendez-vous, avec seulement 4 femmes contre 18 hommes, ces premières ont tout de même marqué le Festival de Cannes avec deux d’entre elles au palmarès.

Palme d’or – Anora de Sean Baker

C’est la première palme d’or américaine depuis Tree of Life de Terrence Malik, en 2011.

Anora de Sean Baker relate la liaison d’une escort girl et du fils d’un oligarque russe. Durant son discours, le cinéaste de 53 ans a voulu rendre hommage à «toutes les travailleuses du sexe.» Il a également plaidé pour la survie des salles de cinéma : «Nous devons faire des films pour qu’ils sortent en salles.» 

Grand prix – All we imagine as light de Payal Kapadia

Le premier film indien depuis 30 ans. All we imagine as light, de l’Indienne Payal Kapadia, met en scène les pĂ©rĂ©grinations d’un trio de femmes – Prahba, Anu et Parvaty – qui cherchent Ă  Ă©chapper aux carcans de la sociĂ©tĂ© indienne.

 

Prix spécial du jury pour La Graine de la figue sacrée

C’est à cause de ce film que le réalisateur Mohammad Rasoulof a dû s’exiler clandestinement de son pays, l’Iran. Le prix récompense ainsi une œuvre décrivant une situation encore actuelle – le mouvement “Femme, vie, liberté”- à la manière d’une intervention politique, sur fond de thriller familial.

Prix du jury – Emilia Perez de Jacques Audiard

«Je pense que tout le monde sait dans cette salle ce que ça coûte de faire des films», a déclaré Xavier Dolan avant la remise du Prix du jury. Une deuxième victoire pour cette comédie musicale signée Jacques Audiard, déjà récompensée par le prix d’interprétation féminine. 

 Prix d’interprétation féminine décerné aux quatre actrices d’Emilia Perez de Jacques Audiard 

Une autre surprise du Festival, quand le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda a annoncé le nom des lauréates du Prix d’interprétation féminine, remis aux trois actrices du film Emilia Perez : Selena Gomez, Karla Sofia Gascon et Zoe Saldana.  Une deuxième distinction pour le film du réalisateur français, alors qu’un tel prix collectif est des plus rares dans l’histoire du Festival de Cannes. 

 

Prix d’interprétation masculine à Jesse Plemons pour sa prestation dans Kinds of Kindness de Yorgos Lanthimos

Prix du scénario pour The Lobster en 2015 et honoré de la même récompense en 2017 pour La Mort du cerf sacré, ainsi que le Prix Un certain regard en 2009 pour Canine, Yorgos Lanthimos se démarque à nouveau cette année avec le Prix d’interprétation masculineremis à son acteur Jesse Plemons.

Enfin, le Prix du scénario honore Substance de la réalisatrice française Coralie Fargeat, et la Caméra d’or distingue Armand, du réalisateur norvégien Halfdan Ullmann Tondel.

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