Kaizen : l’amélioration continue comme solution à nos dérives modernes

Publiée le 19 September 2024
Kaizen : l’amélioration continue comme solution à nos dérives modernes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le documentaire “Kaizen : 1 an pour gravir l’Everest” du youtubeur Inoxtag explore plus qu’une prouesse physique. À travers le prisme du kaizen, un concept philosophique japonais centré sur l’amélioration continue, Inoxtag nous plonge dans une réflexion profonde sur l’équilibre entre dépassement de soi, respect de l’environnement, et prise de conscience de l’impact de la surconsommation.  

Le concept philosophique du Kaizen : l’amélioration progressive

Kaizen signifie littéralement “changement bon” (“kai” = changement, “zen” = bon) et prône l’idée qu’il est possible d’améliorer constamment, par petites étapes, aussi bien son quotidien personnel que ses pratiques professionnelles, ou, globalement, son rapport à la vie. Popularisé par le milieu de la gestion d’entreprise au Japon, après la Seconde Guerre mondiale, le kaizen a évolué pour devenir un principe de vie, axé sur la constance dans l’effort et l’amélioration individuelle. 

Dans le cadre du documentaire, Inoxtag incarne cette philosophie en s’engageant dans une préparation d’un an pour gravir l’Everest, une transformation progressive et durable. Son évolution d’un jeune homme plongé dans les jeux vidéo à un alpiniste capable d’affronter l’une des montagnes les plus dangereuses du monde illustre bien le concept d’une amélioration graduelle, où chaque jour représente une nouvelle opportunité de progresser. 

Le kaizen, appliqué à l’ascension de l’Everest, ne se traduit pas par un exploit soudain ou un succès spectaculaire et immédiat. Il s’agit d’un processus qui implique d’accepter l’effort constant, les petits ajustements, et la détermination dans le temps. Cette philosophie trouve un écho significatif dans notre monde contemporain, où les solutions rapides sont trop souvent valorisées, tandis que la patience et la progression sont souvent sous-estimées.   

L’environnement : victime de notre surconsommation 

En parallèle de cette quête personnelle, le documentaire met en lumière un problème beaucoup plus large : l’impact du tourisme de masse sur l’Everest et, de manière générale, les questions liées à l’environnement. Depuis des décennies, l’Everest est victime de son propre succès. Chaque année, des centaines d’alpinistes affluent pour gravir le sommet, mais derrière cet engouement se cache une réalité inquiétante : la pollution. 

D’après un rapport de l’Himalayan Database, environ 50 tonnes de déchets sont laissées chaque année sur l’Everest, incluant des tentes abandonnées, des bouteilles d’oxygène, et autres détritus. Cette accumulation de déchets, dans un environnement aussi pur que celui de l’Himalaya, symbolise l’impact négatif du tourisme de masse sur les écosystèmes fragiles. Le défi environnemental ne se limite pas à l’Everest : le documentaire mène à une réflexion sur l’état de notre planète, qui subit de plein fouet les effets de la surconsommation. 

Le message de Kaizen est clair : si l’amélioration personnelle est importante, elle doit s’accompagner d’une prise de conscience écologique. Chaque action que nous menons, chaque défi que nous nous lançons, doit se faire dans le respect de la nature. Inoxtag, en gravissant l’Everest, montre que la quête du dépassement de soi ne doit pas être déconnectée de la nécessité de préserver la planète. 

L’addiction aux écrans : une nouvelle montagne à gravir 

Enfin, au-delà de l’aspect environnemental, Kaizen propose une réflexion sur la surconsommation d’écrans, un phénomène qui touche une grande partie des membres de la société moderne. Selon une étude de We Are Social en 2023, les Français passent en moyenne 6 heures et 59 minutes par jour devant un écran. Ce chiffre met en lumière l’ampleur de l’addiction au numérique, surtout chez les plus jeunes, souvent enfermés dans des habitudes qui nuisent à leur santé mentale et physique. 

Inoxtag, lui-même issu de cet univers numérique puisqu’il est streamer, témoigne à travers son ascension d’une forme de rejet de ce mode de vie sédentaire et virtuel. Le documentaire Kaizen devient ainsi un appel à sortir de l’enfermement digital pour renouer avec le monde réel, la nature, et l’effort physique. Cette prise de conscience est essentielle, car la surconsommation d’écrans n’est pas sans conséquences : elle peut provoquer des troubles du sommeil, des problèmes de concentration, et une diminution de l’activité physique. D’après l’OMS, près de 85 % des adolescents dans le monde ne pratiquent pas assez d’activité physique, une tendance amplifiée par l’addiction aux technologies. 

Kaizen : vers une amélioration durable 

Au final, le documentaire illustre la nécessité d’une “amélioration continue” à trois niveaux : personnel, environnemental, et sociétal. Inoxtag montre que le kaizen, en tant que philosophie, peut nous aider à sortir des schémas de surconsommation et de passivité numérique pour adopter un mode de vie plus actif et plus conscient. Cependant, ce processus ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut des efforts progressifs, des prises de conscience, et une volonté de changer durablement.  

Face à des défis comme la pollution environnementale et la dépendance numérique, il est essentiel d’adopter un état d’esprit kaizen. En commençant par de petites actions : passer moins de temps sur nos écrans, réduire notre impact écologique, et chercher à progresser jour après jour, nous pouvons améliorer à la fois notre bien-être individuel et l’état de notre planète. 

Somme toute, “Kaizen : 1 an pour gravir l’Everest” n’est pas seulement un récit d’aventure, mais un appel à chacun d’entre nous pour prendre la voie du changement, un pas à la fois, avec pour objectif un avenir plus durable et équilibré. 

Portrait de Anamaria Vartolomei

Publiée le 6 March 2026
Portrait de Anamaria Vartolomei

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anamaria Vartolomei s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.

Si elle affiche aujourd’hui, à seulement 26 ans, une carrière étincelante et qu’elle a le charisme d’une star, Anamaria Vartolomei ne se destinait pas, loin s’en faut, à devenir actrice. Née en Roumanie, elle débarque en France à l’âge de 6 ans et s’installe à Pantin sans connaître un mot de français. Après avoir découvert le théâtre à l’école, elle passe le casting de My Little Princess (2011) d’Eva Ionesco et décroche son premier rôle, parmi 500 candidates, aux côtés d’Isabelle Huppert ! En se retrouvant soudain plongée dans un milieu qu’elle ne connaît pas, elle prend conscience que sa culture cinématographique est assez limitée : « Quand j’ai commencé, j’avais 10 ans, et personne ne faisait de cinéma autour de moi », dit-elle. « J’ai découvert ce milieu au fur et à mesure des tournages, des rencontres, et je souffrais, au départ, d’un manque de culture. J’allais au cinéma avec mes parents, mais nous allions voir ce qui sortait en salles, pas des vieux films, et eux étaient plutôt branchés cinéma roumain. Je me suis donc forgé ma culture seule, notamment à travers des rétrospectives. Finalement, ne pas venir de ce milieu a été une force, car cela a développé ma curiosité. »  

La jeune actrice intègre ensuite le cours Florent, puis l’école d’art dramatique Les Enfants Terribles. Mais les cours ne la passionnent pas et elle préfère se confronter à l’expérience concrète du tournage. Elle enchaîne alors les petits rôles sous la direction de Riad Sattouf (Jacky au royaume des filles, 2014), Frédéric Beigbeder (L’Idéal, 2016), ou Marc Dugain (L’Échange des princesses, 2017) avant d’être remarquée par Audrey Diwan pour L’Événement en 2021. Elle y interprète une jeune fille qui, dans les années 60, décide d’avorter pour poursuivre ses études. « C’est un film nécessaire qui ose regarder droit dans les yeux l’avortement clandestin », confie Anamaria. « J’ai ressenti une énorme colère face à l’histoire d’Anne [la protagoniste] que vivent encore aujourd’hui de nombreuses jeunes filles dans certains pays et États où l’avortement est interdit. » Pour plusieurs scènes délicates – et en particulier celle de l’avortement –, l’actrice et la réalisatrice ont noué une étroite collaboration. « Durant le confinement, Audrey m’appelait chaque jour pour me conseiller des livres et des films. Puis on a peaufiné mon personnage sur le plateau, c’était une chorégraphie à trouver. » Le film décroche le Lion d’or à la Mostra de Venise et la jeune actrice le César de la révélation féminine. 

Après L’Événement, Anamaria Vartolomei refuse plusieurs propositions qui ressemblent étrangement au rôle d’Anne dans le film d’Audrey Diwan. Car ce qui l’intéresse, justement, c’est de changer de registre. Ce qu’elle fait avec L’Empire (2023) de Bruno Dumont, à mi-chemin entre science-fiction décalée et réalisme social, où elle interprète une extraterrestre ! « J’ai refusé beaucoup de projets après L’Événement car je voulais prendre mon temps et je trouvais qu’on me proposait trop souvent les mêmes choses. J’ai un peu l’impression qu’en France, quand on fait un drame, on ne te propose plus que cela après. C’est pareil si tu fais de la comédie. Donc je me suis retrouvé avec beaucoup de scénarios évoquant le sujet de l’avortement mais j’avais envie que les gens comprennent que je voulais faire autre chose. J’ai attendu jusqu’à ce que Bruno Dumont, tel un sauveur, me propose quelque chose de vraiment spécial. » Elle reconnaît pourtant qu’elle ne connaissait rien à son cinéma : « Je n’avais jamais vu ses films et je n’ai rien compris à son scénario », dit-elle en riant. « J’y suis allée parce qu’il me faisait marrer. Il est à la fois perché et bienveillant. Le cinéma, pour lui, c’est vraiment de la création, la fabrication d’un truc complètement décalé. » 

En 2024, elle franchit encore une étape. Non seulement elle campe le rôle-titre de Maria de Jessica Palud, autour de l’actrice Maria Schneider, mais elle tourne dans Mickey 17 de Bong Joon-ho, ambitieuse production américaine. Qu’est-ce qui l’attirait chez Maria Schneider, comédienne au succès éphémère et brisée par une société patriarcale ? « Incarner une femme digne qui a marqué une époque en allant à l’encontre de ce qu’on attendait d’elle me porte car il s’agit de la lutte la plus concrète : braver les interdits et se dire ‘je mérite ma place dans la société’ telle que je suis, sans jamais trahir son identité. » Et que pouvait-elle rêver de mieux que le plateau du cinéaste coréen Bong Joon-ho pour se renouveler encore ? « Jamais je n’aurais pensé un jour travailler avec Bong Joon-ho », confie-t-elle. « Il faisait partie de cette liste de réalisateurs inaccessibles. J’avais un peu peur parce que ce n’était pas forcément mon territoire, du moins, ce n’était pas ma langue. C’est le premier tournage d’une telle envergure que j’ai fait avec un casting aussi international. Et en même temps, je me disais que si j’avais été prise, c’était pour une bonne raison. Parfois, il ne faut pas toujours essayer de comprendre le pourquoi ! » 

Elle enchaîne avec une autre production de grande ampleur, Le Comte de Monte-Cristo (2024) d’Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte où elle campe la troublante Haydée. Elle en garde un souvenir merveilleux. « C’était un tournage joyeux, enjoué, presque festif. On était tous comme des enfants, au milieu de ces décors immenses et de ces costumes d’époque. J’ai vraiment eu l’impression que Matthieu et Alexandre [de La Patellière et Delaporte] s’étaient entourés de gens qui avaient le plaisir du jeu, de la création, et qui s’amusaient sincèrement à raconter cette histoire. » Un an plus tard, elle tourne dans sa première série, Merteuil, qui imagine un prologue aux événements des Liaisons dangereuses. L’occasion de refaire équipe avec Jessica Palud. « Nous avions scellé une sorte de pacte après Maria,qui stipulait qu’on se retrouverait pour un projet encore plus fort », reprend-elle. « Or, il y avait tant à explorer avec le personnage de Merteuil ! Nous voulions conserver le côté machiavélique et froid de la marquise, mais nous tenions aussi à ce qu’elle soit vulnérable et fragile dans l’intimité. J’avais évidemment en tête l’image de Glenn Close dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, mais sa performance était tellement parfaite que j’ai préféré ne pas revoir le film. » 

Après L’Intérêt d’Adam (2025) de Laura Wandel, où la comédienne renoue avec le naturalisme de L’Événement, elle sera à l’affiche de La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, l’une des productions les plus ambitieuses de cette année, et campera Juliette Gréco devant la caméra d’Anne Fontaine. On ne l’arrête plus… 

Le Fil de Daniel Auteuil : Défendre avec le cœur 

Publiée le 24 September 2024
Le Fil de Daniel Auteuil : Défendre avec le cœur 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 11 septembre 2024 est sorti au cinéma le dernier projet de Daniel Auteuil intitulé Le Fil. Le long métrage narre le procès d’un père que l’on accuse du meurtre de sa femme. Son avocat prend exceptionnellement l’affaire et commence, petit à petit, à s’investir personnellement pour son client. 

Chacun sait que la justice se doit d’être la plus impartiale possible et ne prendre en compte que les faits et non l’affect. Cela s’applique bien sûr aux avocats. Ils doivent être solides sur les preuves qu’ils avancent et prendre un maximum de recul sur les affaires pour éviter de tomber dans la compassion ou l’empathie. Voilà tout le propos de ce film, il s’interroge sur la “bonne” façon de défendre mais aussi sur la question de l’interprétation d’un fait. 

Résumé et construction

Le maître Jean Monier travaille comme avocat dans les environs d’Arles. Ce dernier ne s’est toujours pas remis de son dernier procès à la Cour d’Assises 3 ans plus tôt. Il a, à ce moment-là, innocenté un meurtrier qui s’est remis à attaquer peu après sa libération. Il s’est juré de ne plus mettre les pieds dans une Cour d’Assises pour éviter un tel drame. Il finit cependant par céder à sa femme et part interroger le client en question. Cet homme s’appelle Nicolas Milic et il est soupçonné de meurtre sur sa femme. Il est le père de cinq enfants et déclare que sa femme aurait quitté le domicile fortement alcoolisée et ne lui aurait pas laisser de nouvelles depuis ce départ. Il pretend même avoir été griffé par sa femme avant qu’il ne perde patience et l’insulte assez sèchement. En entendant cette histoire, Monier décide de reprendre l’affaire pour rendre à ses enfants Nicolas Milic.  

Le film est construit sur une alternance entre les séquences du procès, du premier au dernier jour, et d’autres séquences qui traitent de l’enquête et de l’évolution de la psychologie des personnages liés à ce dossier. Il est aussi ponctué de flashbacks pour situer le spectateur lorsqu’un suspect ou un témoin raconte ce qu’il a vu ou pas. 

La question de subjectivité 

Si nous devions résumer le film à une seule thématique, ce serait celle de la subjectivité. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, les deux mettent cet aspect en avant. En ce qui concerne la narration du film, la réalisation a fait le choix de ne pas mettre de personnage omniscient ou de plan de caméra qui donnerait un détail de plus à l’audience. Cela permet de plonger le spectateur dans la peau d’un des personnages, on est invité avec la Cour, à assister au dénouement du procès. Aussi le personnage de Monier est amené dans son écriture à très vite concevoir une vision parfaitement illusoire des faits qui vous sont proposés depuis le début. Il va se reconnaître dans ce personnage, s’y attacher, il va se convaincre qu’il est innocent et être déterminé à mener son affaire au bout. Le spectateur se retrouve donc dans la même position que Monier, il est perdu, seul face à ses propres convictions donc il se raccroche à tout ce qu’il peut pour s’en sortir puisque en aucun cas les avancées du camp adverse sont montrées à l’audience. 

Sur le fond comme sur la forme, le film parvient à offrir une approche intéressante d’un film de procès, souvent lent et progressif. Il déconstruit également l’image traditionnelle de l’avocat, souvent perçu comme froid et calculateur. Dans “Le Fil”, l’accent est mis sur l’aspect humain et psychologique de la profession. L’avocat est montré comme vulnérable, sensible, et presque proche de nouer une relation amicale avec son client. Reste à savoir si cela suffira pour sauver Nicolas. 

  

Théo Tourneur

Portrait d’Alex Lutz

Publiée le 26 March 2026
Portrait d’Alex Lutz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alex Lutz s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris.

Originaire de Strasbourg, Alex Lutz envisage d’abord le dessin, mais se réfugie rapidement dans le jeu et l’humour – lui qui, enfant, est un peu complexé et guère sportif. « Pour ne pas subir les sarcasmes, j’ai vite compris la force de l’humour », confie-t-il. « De toute façon, les choses négatives qu’on vit dans l’enfance sont fondatrices. Par exemple, j’adorais les mauvais profs. Plus ils étaient bêtes et ennuyeux, plus je les imitais. » Un don qu’il va mettre rapidement à profit sur scène. « À 15 ans, j’ai découvert le théâtre. Et le théâtre a été la mise en relief des petites histoires que je racontais en dessinant. »

Très vite, à 17 ans, il est engagé par des compagnies de théâtre et touche ses premiers cachets, avant de créer sa propre compagnie pour laquelle il écrit et met en scène ses spectacles. Il fréquente aussi plusieurs acteurs et comiques, comme Pierre Palmade et Sylvie Joly. Dès 2004, il décroche des seconds rôles dans des téléfilms et des séries, de Scènes de ménage (2009) à SODA (2011-2014). Mais c’est avec la série de sketchs Catherine et Liliane, où il interprète une secrétaire qui n’a pas la langue dans sa poche aux côtés de Bruno Sanches, qu’il s’impose auprès du grand public. « On est tombé sur deux femmes qui avaient typiquement le même rapport de domination et de suiveuse que nous », se souvient-il. « Nous avons suivi ces deux personnes à 10 mètres derrière et on a commencé à les imiter. » Alex Lutz retrouve alors son plaisir enfantin de se grimer et de se transformer. « Tous les acteurs rêvent de jouer une femme. Il suffit pour cela d’avoir la silhouette et la capacité vocale adéquate. Qui mieux qu’une femme peut offrir une telle palette de sentiments ? Cela n’a-t-il d’ailleurs pas donné lieu à un film superbe, Tootsie ? »

Remarqué pour la plasticité de son jeu et son vaste registre, Alex Lutz fait ensuite ses débuts au cinéma, avec, notamment, le personnage de Von Zimmel dans OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) de Michel Hazanavicius. « C’est grâce à Jean Dujardin », poursuit-il. « Il m’avait vu dans un sketch à la télé et m’a appelé pour OSS. » Il enchaîne avec plusieurs comédies comme Il reste du jambon ? (2010), Hollywoo (2011) et Sous les jupes des filles (2014). En 2015, il passe à la réalisation avec Le Talent de mes amis, où il joue lui-même aux côtés d’Audrey Lamy et Bruno Sanches. « Avec Le Talent de mes amis, je ne voulais pas faire une pure comédie, mais teinter la comédie de mélancolie. On en a tous, des moments de crise existentielle comme ça. Pour ce film, tout est parti d’un des sketches… Un sketch né de ce qui nous arrive souvent dans la vie et qui nous amuse : cette jalousie qui naît quand les deux autres font un truc de leur côté », précise-t-il.

S’il continue à jouer dans les films des autres, des Visiteurs La Révolution (2016) à Knock (2017) aux côtés d’Omar Sy, il signe son deuxième long métrage avec Guy (2018), faux documentaire épatant autour d’un chanteur de variétés qui a triomphé dans les années 1960 et 1970. « Dans ma tête, j’avais envie d’une histoire libre, un faux documentaire, cela autorise plein de choses, dont une chronologie éclatée », raconte-t-il. « C’est un mode de récit qui me plaisait. Dans un deuxième temps, j’ai créé ce personnage de bout en bout, comme on attaque un roman. J’avais une idée de la structure, je me suis laissé porter. Sur ce mode, j’ai raconté une histoire : un journaliste qui va à la rencontre de son père Guy, une vedette populaire, dont il est le fils illégitime. » 

Variant les genres dans son travail de comédien, il campe aussi bien un PDG abject dans la série Dérapages qu’un tennisman vieillissant dans 5ème set (2021), et se produit même devant la caméra de Gaspar Noé, cinéaste audacieux et singulier, dans Vortex (2021). Il détaille : « Gaspar Noé avait beaucoup aimé mon film Guy et il savait que j’y avais fait la part belle à l’improvisation. Il avait écrit quinze pages, mais pas de dialogues. Cela laisse une grande place à l’imagination et à la collaboration. J’ai dit oui tout de suite. Je l’aurais suivi au bout du monde, parce que c’est un cinéaste intéressant. »

En 2023, il signe Une nuit, autour d’une brève rencontre entre deux êtres attirés l’un par l’autre en plein Paris. Plébiscité par la critique et présenté au festival de Cannes, le film est porté par l’interprétation exceptionnelle de Karin Viard. Il revient sur la genèse du projet : « J’ai été témoin d’une dispute banale dans le métro… Leur engueulade était pleine de charme, d’arguments assez truculents. Je me suis dit “tiens, ils ont l’air de bien se plaire en même temps. Je les ai imaginés faire l’amour maladroitement dans un photomaton… Et s’ils ne se quittaient plus de toute la nuit ?” »  Après avoir joué un commissaire-priseur intraitable dans Le Tableau volé (2024) de Pascal Bonitzer et incarné Pierre Bergé dans la série Becoming Karl Lagerfeld, il transpose le roman de Nicolas Mathieu pour son quatrième long métrage, Connemara en 2025. Il évoque ce qui l’a inspiré dans l’écriture du romancier : « Son incroyable acuité, sa manière de décrire comment le grand corps social infuse la vie de ses personnages, dans leurs attitudes, leurs gestes… De plus, il parle de la France, d’une certaine France, sans que ce soit un texte politique : il trace une subtile cartographie sociologique, mais aussi sensorielle, des êtres, sans une once de pédagogie de comptoir. » Véritable bourreau de travail, Alex Lutz sera  prochainement à l’affiche de Camembert et du Sens de la vie.

HALLOWEEN APROCHE… PRÊT(E) À FRISSONNER ?

Publiée le 29 October 2024
HALLOWEEN APROCHE… PRÊT(E) À FRISSONNER ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce soir, sur les coups de 21h, interrompez votre film ou série, fermez les volets, et surtout… N’ouvrez à personne. Nous vous proposons une soirée spéciale : une nuit de lecture, plongée dans des livres terrifiants. Si vous voulez vivre une expérience à glacer le sang, nous vous invitons à vous envelopper dans vos draps, avec une boisson chaude, une lecture horrifique vous attend.  

Prêt(e) à frissonner jusqu’à l’aube ? 

1, 2, 3, nous irons au bois, Philippe Le Roy 

Si vous adorez les escape games et les atmosphères inquiétantes, ce livre est fait pour vous. Fanny, une adolescente fan des réseaux sociaux, tombe sur un jeu très particulier : un escape game dans une forêt sombre, où chaque participant doit affronter ses plus grandes peurs. Ce qui devait être une aventure amusante se transforme rapidement en cauchemar. Des bruits étranges, des découvertes macabres, et l’ombre de la mort qui plane sur eux. Un seul conseil : si vous commencez ce livre, préparez-vous à des nuits sans sommeil… 

Comme toi, Lisa Jewell 

Disparue à l’âge de 15 ans, Ellie n’a jamais été retrouvée. Pas de corps, pas de coupable. Sa mère, Laurel, n’a jamais pu faire son deuil. Dix ans plus tard, elle fait la connaissance de Floyd, un homme charmant, et de sa petite fille de 9 ans. Ce qui est troublant, c’est que cette fillette ressemble étrangement à Ellie… Coïncidence ou sinistre secret ? Ce roman envoûtant vous tiendra en haleine jusqu’à la révélation finale. 

Les Jumeaux Crochemort, Cassandra O’Donnell  

Deux adolescents, placés en famille d’accueil après la mort de leurs parents, découvrent qu’ils ont été réclamés par des grands-parents qu’ils ne connaissent pas. Ils sont envoyés dans une ville mystérieuse, peuplée de malédictions, de fantômes et de dangers. Une chose est à noter : ces jumeaux possèdent chacun des dons spéciaux, qui les mèneront au cœur d’une aventure angoissante. Il s’agit d’un récit où le mystère et la magie s’entrelacent pour captiver le lecteur jusqu’à la dernière page. 

Carrie, Stephen King  

Plongez dans l’un des classiques de l’horreur avec Carrie de Stephen King. Une adolescente brimée découvre qu’elle possède des pouvoirs télékinésiques. À force d’être moquée par ses pairs, elle décide de se venger lors du bal de fin d’année… et ce qui suit est tout simplement terrifiant. Préparez-vous à une vengeance sanglante, un roman qui explore les pires recoins de l’humiliation et de la rage. 

La Patience du Diable, Maxime Chattam 

Et pour finir, voici un thriller psychologique où le mal est omniprésent. La Patience du Diable est une traque infernale qui vous fera frissonner à chaque page. Ne lisez pas ce livre seul, et encore moins à l’extérieur, la nuit… Le suspense est intense, l’horreur subtilement distillée. On pourrait bien vous surprendre à vérifier deux fois que la porte d’entrée est bien fermée, après en avoir terminé la lecture. 

Besoin de plus de frissons ? Si vous voulez davantage d’horreur pour cette soirée, je vous recommande également L’Enfant des Cimetières de Cédric Sire. Ce livre, hanté par les ombres et les esprits, est tellement terrifiant que nous n’avons même pas osé le terminer… Préparez-vous à une expérience littéraire intense, et surtout, à ne plus jamais voir les cimetières de la même manière. 

Nous vous souhaitons de belles et terrifiantes lectures ! 

Laury-Anne Mi-Poudou 

Bad Bunny – DeBÍ TiRAR MáS FOToS

Publiée le 27 January 2026
Bad Bunny – DeBÍ TiRAR MáS FOToS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un instant reste gravé dans la mémoire d’un individu lorsqu’il contient une charge émotionnelle suffisamment puissante pour susciter de la nostalgie, mais il arrive que le plus traître des compagnons de voyage, le temps, en fasse son affaire personnelle. Pour contrecarrer ses desseins, nous brandissons notre appareil photo et figeons, dans son infinité, des sourires, des portraits, des animaux et des paysages. Pour bien démarrer cette nouvelle année 2026, permettez-moi d’être votre chauffeur, je vous demanderai de bien vouloir mettre votre ceinture et de bien regarder les rétroviseurs pour vous souvenir du chemin que vous avez parcouru. Nous partons pour Puerto Rico accompagné de l’album qui a marqué le monde depuis le 5 janvier 2025 : DeBÍ TiRAR MáS FOToS de Bad Bunny.

La musique hispanophone n’étant pas la plus populaire en France, laissez-moi vous présenter rapidement notre artiste. Aussi appelé par son vrai prénom Benito par ses aficionados, Bad Bunny s’impose très rapidement depuis 2016 comme l’un des plus grands chanteurs de reggeaton et de dembow que notre planète ait porté. Multipliant les records d’écoutes et de certifications avec sa musique, le magazine américain Forbes le surnomme « El Rey del Pop » après la sortie de Un verano sin ti en 2023. Bien que ce surnom soit plus que valorisant pour l’artiste, je pense qu’il ne le qualifie pas correctement, l’« anti-popstar » lui conviendrait beaucoup plus, je m’explique.

Deux chaises monoblocs sur la couverture de l’album ont suffi pour provoquer un élan de nostalgie dans tous les foyers du monde qui se sont déjà assis dedans. Accompagnant les discussions estivales tardives ou même les célébrations les plus joyeuses, ces chaises au faible coût s’adressent à tous les peuples dont les pays souffrent silencieusement.

 

Benito dénonce, à travers le court-métrage accompagnant son œuvre (dont le protagoniste est incarné par Jacobo Morales, acteur et réalisateur portoricain) l’américanisation et la gentrification du Puerto Rico dans lequel il a vécu toute sa vie mais également la mise en danger de la biodiversité locale avec la personnification du crapaud Concho présent dans le court-métrage et dans les canvas Spotify de l’album. Ce crapaud Concho, devenu symbole de résistance portoricaine, se voit lutter d’abord contre le changement climatique, mais aussi contre l’importation massive, depuis le XXe siècle, du crapaud commun de Suriname qui sert à protéger les exploitations de canne à sucre mais qui est très envahissant et beaucoup moins discret que notre cher Sapo Concho.

L’amour est un sujet récurrent dans le projet. L’artiste s’exerce à la salsa avec la composition des jeunes adultes de la Escuela Libre de Música Ernesto Ramos Antonini dans BAILE INoLVIDABLE et raconte sa relation avec une femme qu’il ne veut pas effacer de sa mémoire tant elle lui a appris à danser, à aimer, à grandir en tant qu’homme. Certains affirment que le morceau est une déclaration d’amour à son territoire qui l’a vu prendre de l’âge. Le morceau TURiSTA raconte les aventures rapides et superficielles que vit l’artiste, qui n’ont pas le temps de fleurir et de s’approfondir correctement, à la manière d’un touriste qui visite un pays pour ses paysages et ses divertissements sans se pencher sur les plaies qui attendent d’être soignées. BOKeTE compare, implicitement, une relation qu’il considère comme un obstacle aux routes terriblement entretenues par le gouvernement portoricain, qui empêche une circulation fluide.

À l’aube d’un halftime show du Superbowl 2026 qui sera diffusé partout dans le monde et surtout aux États-Unis, l’artiste explicite également ses positions contre le gouvernement américain de Donald Trump et ses politiques migratoires questionnables. Ses concerts refusent catégoriquement d’être programmé aux États-Unis pour éviter la présence de la police chargée de l’immigration (ICE) à la sortie des salles et ainsi protéger ses auditeurs d’un contrôle voire d’une expulsion du territoire.

« Ce pays n’est rien sans les immigrants. »

dit la voix reproduite par IA du président américain dans le clip de NUEVAYoL, sorti le jour de la déclaration de l’indépendance américaine.

Bad Bunny retrace à travers cet album la vie de plus de 3 millions de portoricains et même de la quasi-entièreté de l’Amérique Latine. Plus qu’un hommage, DeBÍ TiRAR MáS FOToS, est une lettre d’amour à ces personnes qui ont dû quitter leurs terres en quête d’un avenir stable et meilleur en faisant face au racisme systémique d’une société de moins en moins tolérante, à ces personnes qui, au contraire, ont dû rester pour empêcher la capitalisation, si ce n’est l’effacement, de leur culture face aux puissances mondiales dominantes, le tout en vivant dans des conditions défavorables. L’anti-popstar rappelle aux siens l’importance de vivre le moment présent, d’aimer ses proches le plus possible tant qu’ils sont là, de faire battre son cœur à l’unisson au rythme du reggeaton, du dembow, de la salsa, de s’unir autour de ces danses, de résister et d’afficher, peu importe ce que l’on vit, un sourire qui mériterait plus souvent d’être pris en photo.

« Mientras uno está vivo, uno debe amar lo más que pueda » – Jacobo Morales

Anushan Ramesh

Le combat au cinéma entre deux clowns de l’horreur : Art Le Clown triomphe face à Joker 2

Publiée le 18 November 2024
Le combat au cinéma entre deux clowns de l’horreur : Art Le Clown triomphe face à Joker 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde du cinéma d’horreur adore les figures emblématiques et, ces dernières années, deux clowns ont attiré l’attention du public : le Joker, anti-héros torturé, et Art Le Clown, figure sadique du film indépendant Terrifier. Cependant, la bataille entre ces deux icônes de l’horreur sur le grand écran prend une tournure inattendue en 2024 avec la sortie de Joker 2 et Terrifier 3. Alors que le Joker, incarné par Joaquin Phoenix, avait écrasé le box-office lors du premier volet, cette fois-ci, c’est Art Le Clown qui semble s’imposer dans ce cirque du cinéma.   

Joker 2 : l’attente trop grande ? 

En 2019, Joker avait surpris tout le monde en engrangeant plus d’1 milliard de dollars au box-office mondial, devenant l’un des films les plus rentables de tous les temps avec un budget modeste de 55 millions de dollars. Cependant, Joker : Folie à Deux n’a pas réussi à réitérer cette performance.   

Avec un budget revu à la hausse à 150 millions de dollars, le film, dans ses premières semaines d’exploitation, n’a rapporté “que” 350 millions de dollars au box-office mondial, un chiffre certes respectable, mais bien en deçà des attentes astronomiques que laissait entrevoir le succès du premier opus.   

Ce résultat peut s’expliquer par une surenchère d’attentes artistiques. La transformation du film en une sorte de comédie musicale psychologique, avec Lady Gaga dans le rôle d’Harley Quinn, a déconcerté une partie des fans de la première heure. De plus, la durée du film, ses choix narratifs audacieux et son ton plus expérimental ont freiné l’engouement général.  

Art Le Clown : la montée du roi du gore    

À l’inverse, Terrifier 3 a explosé les compteurs dans le genre de l’horreur indépendante. Produit avec un budget dérisoire de 500 000 dollars (contre 250 000 pour Terrifier 2), le film a surpris tout le monde en dépassant les 50 millions de dollars au box-office mondial dans ses premières semaines d’exploitation. Ce qui impressionne, c’est la rentabilité écrasante de la franchise, avec un retour sur investissement inégalé pour ce type de films. Art Le Clown, en dépit de son manque de reconnaissance dans les circuits mainstream, s’est imposé comme une véritable icône du cinéma d’horreur contemporain. Ce succès repose principalement sur la communauté de fans dévoués qui se sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour promouvoir le film et créer le “buzz”, en plus de la distribution limitée mais stratégique qui a misé sur le bouche-à-oreille.   

Le triomphe de l’horreur brute ? 

Ce combat entre deux clowns de l’horreur symbolise une dynamique intéressante au cinéma. D’un côté, Joker : Folie à Deux incarne le grand cinéma avec des ambitions artistiques mais également une pression colossale qui pèse sur ses épaules. De l’autre, Terrifier 3 prouve qu’une œuvre viscérale, choquante, et assumée peut captiver un public en quête d’une catharsis sanglante. 

Dans ce duel, le budget modeste et l’approche sans limite de Terrifier ont clairement joué en faveur d’Art Le Clown. Alors que Joker 2 semble stagner dans sa quête de transcender son statut de film de genre, Terrifier 3 joue pleinement la carte de l’horreur gore, en offrant aux spectateurs exactement ce qu’ils recherchent : du pur divertissement horrifique sans prétention. La montée en puissance de cette franchise d’horreur indépendante est un exemple frappant de la manière dont un film de niche peut conquérir le marché à force de passion, d’authenticité et d’une connexion forte avec son audience.   

Paul Gascard 

MAMAN, J’AI RATÉ MON FILM DE NOËL !

Publiée le 3 December 2024
MAMAN, J’AI RATÉ MON FILM DE NOËL !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ho ho ho ! 

Eh oui, les fêtes de fin d’année approchent à grands pas ! Qui dit fin d’année dit chocolat chaud, regarder “Love Actually” pour la 24ᵉ fois (et pleurer au moment où Emma Thompson pleure dans la chambre, ah le mauvais souvenir), ou replonger dans “Le Grinch” (merci Jim !) en s’identifiant un peu trop à lui avant de finir l’année en beauté avec des bulles pétillantes. 🎄✨ 

Mais soyons honnêtes, ce qui marque vraiment les fêtes, c’est ce fameux phénomène des films de Noël. Dès mi-octobre, TF1, M6, W9 et j’en passe, nous bombardent de téléfilms festifs. Même les plateformes de streaming (un peu plus pudiques) attendent mi-novembre avant de lancer leurs playlists dédiées. Et franchement, à ce rythme, on aura des films de Noël diffusés pour le 14 juillet! 

Alors oui, on ne va pas se mentir : les téléfilms de Noël ne sont pas exactement des œuvres cinématographiques profondes ou révolutionnaires. Pourtant, ils captivent. Ils reviennent chaque année, un peu comme une recette qui marche à tous les coups. La réponse? Une combinaison simple : la magie de Noël, saupoudrée d’amour et de clichés assumés. Et c’est vendeur ! ❄️☃️ 

Prenez Cindy, citadine qui retourne dans son village natal et retombe sur Jason, son amour de jeunesse qui travaille désormais à l’atelier du Père Noël. Ou encore Antonia, une pâtissière rêveuse qui, entre deux fournées de cookies, découvre que Matthew, le grincheux du coin, est en fait un prince héritier. Ajoutez des guirlandes, des pulls moches, et une pincée de neige artificielle, et voilà, vous avez une formule gagnante. 

Mais pourquoi ces clichés fonctionnent-ils ? Parce qu’au-delà de l’histoire d’amour prévisible, ces films touchent une corde sensible: l’émotion. 

Les fêtes de fin d’année, c’est bien plus qu’une ambiance cozy. C’est ce moment particulier où l’on fait le point. “Ok, j’en suis où ? Et surtout, avec qui j’en suis ?” Ce bilan parfois joyeux, parfois amer, trouve un écho dans ces films qui nous rappellent l’importance de l’amour, du pardon et des liens humains. 💝 

Ces récits nous plongent dans des souvenirs chaleureux, qu’ils soient vécus ou fantasmés : des retrouvailles en famille, des traditions d’enfance, ou cette envie d’un miracle qui viendrait tout arranger. Et dans une période hivernale où les journées sont courtes et les cœurs parfois lourds, quoi de mieux qu’un film doux, prévisible, avec une fin heureuse, pour réchauffer un peu notre moral ? UN SACREE BON TIMING LA TELE BRAVO ! 

Il y a aussi cet univers visuel enchanteur : lumières scintillantes, paysages enneigés, décors féériques. Même si vous vivez à Paris, où la neige est devenue un miracle rare (bon, il a neigé récemment, donc on peut rêver), ces films nous transportent dans un monde où tout semble possible. Le Père Noël cligne des yeux, et hop, tous les problèmes disparaissent. Ce n’est pas réaliste ? Bien sûr que non. Mais c’est ça la magie de Noël : croire que, peut-être, les miracles existent. 🎅✨ 

Et puis, soyons honnêtes, on adore aussi ce clin d’œil à nos réalités. Vous n’avez jamais rêvé d’un “claquement de doigts à la Joséphine Ange Gardien” pour régler vos soucis ? Eh bien, ces films jouent sur cette corde d’évasion, nous offrant une pause bienvenue dans nos quotidiens. 

Au-delà de leur contenu, ces films sont devenus une tradition à part entière, tous comme noël (au final). Chaque année, après Halloween (ou avant, soyons réalistes), ils s’installent sur nos écrans et dans nos rues comme un rendez-vous inévitable. Que ce soit “Harry Potter”, “L’Étrange Noël de Monsieur Jack”, ou des classiques comme “Maman, j’ai raté l’avion !” ces diffusions répétées font partie intégrante de nos fêtes. ✨ 

Et ne dites pas que vous n’avez jamais vu de film de Noël ! Même “Die Hard” (oui, c’est un film de Noël), ou “Narnia” (il y a de la neige et un Père Noël, ça compte) entrent dans cette catégorie. 

Parce qu’au fond, ces films ne sont pas que des histoires. Ce sont des moments de partage. Ils nous rappellent que l’art, qu’il soit cinématographique ou littéraire, a pour but de nous faire ressentir. À travers ces récits simples, on se retrouve, on se réconforte, et parfois, on rêve à des lendemains plus doux. 

Alors non, ces films ne gagneront pas de César ou d’Oscar. Mais ils ont une mission bien plus précieuse : nous rappeler ce qu’il y a de beau dans les fêtes et qu’il faut quelquefois ne pas se prendre trop la tête et respirer. 

Et si cela vous inspire, pourquoi ne pas créer votre propre histoire ? Allez, prenez une plume ou une caméra. Parce qu’après tout, Noël, c’est le moment parfait pour raconter des récits qui réchauffent les cœurs. 🎬✨ 

Portrait Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière

Publiée le 14 January 2025
Portrait Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière

Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le célèbre duo Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière s’est rendu au contact des étudiants au sein de l’école ESIS au campus de Paris. 

Fils de médecin, Matthieu Delaporte suit des études d’histoire à la Sorbonne, puis un cursus à Sciences-Po Paris dans l’optique de tenter les concours administratifs. Mais il ne tarde pas à s’apercevoir que cette voie n’est pas pour lui. « Il ne m’a fallu que deux jours de cours pour réaliser que je me fourvoyais », confie-t-il. C’est l’écriture qui le tente vraiment et, dès cette époque, une histoire le hante – celle d’un garçon qui cherche à se suicider et qui est interrompu par son voisin. « Le pitch était assez simple : mon personnage tentait de se tuer, mais une musique de Daniel Guichard, provenant de l’appartement d’à côté, l’en empêchait. Il toquait à la porte de son voisin pour lui expliquer qu’on ne peut pas se supprimer en écoutant ce genre de chanson. S’ensuivait une discussion sur la variété française, l’importance de la musique, le sens de la vie… », se souvient Matthieu Delaporte.  Un argument qu’il reprendra dans sa pièce, 1h22 avant la fin, montée en 2022.

 

De son côté, Alexandre De La Patellière, fils du réalisateur Denys de La Patellière (à qui on doit plusieurs classiques du cinéma français comme Du rififi à Paname et Le Tatoué), s’essaie très tôt à l’écriture avec deux épisodes de la série Maigret. Puis, il pilote le développement des longs métrages d’une société de production. Au milieu des années 1990, il fait la connaissance de Matthieu avec qui il noue une solide amitié. Âgés d’environ 25 ans, ils commencent à écrire pour Canal Plus – l’un pour Karl Zéro, l’autre pour Dominique Farrugia – avant de travailler sur des projets de commande. « Nous avons appris le métier en travaillant à la commande sur des projets de studio », se souvient Alexandre de La Patellière. « Nous étions parfois consternés du résultat. » C’est grâce au producteur Aton Soumache qu’ils écrivent alors à deux un ambitieux long métrage d’animation, intitulé Renaissance (2004), plongeant le spectateur dans un Paris futuriste. Même si le film se solde par un échec relatif, ils enchaînent avec une comédie à petit budget, La Jungle (2006), réunissant deux acteurs débutants, Guillaume Gallienne et Patrick Mille.

 

En 2010, Matthieu et Alexandre signent leur première pièce de théâtre, Le Prénom, qui connaît un immense succès. L’idée d’un prénom polémique pour un futur enfant, qui cristallise des conflits souterrains au sein d’une bande d’amis, permet aux deux auteurs d’aborder les rancœurs non dites, le rôle assigné à chacun dans un groupe, les préjugés de classe – et, surtout, de susciter les rires du public grâce à des situations et des répliques devenues cultes. Matthieu intervient : « C’est comme dans un repas de famille, vous passez sans cesse du coq à l’âne. Nous venons tous les deux de familles très politisées où l’engueulade est un sport hebdomadaire. Dans une engueulade, on se chauffe, puis ça se détend, ça devient un peu mou. » Alexandre renchérit : « Nous avions envie de nous promener entre les humeurs et que les spectateurs venus voir cette histoire de prénom se demandent ce qu’il se passe quand elle est réglée au bout de 30 minutes. Puis qu’ils commencent à se dire que tout ça pourrait mal finir. » Le triomphe est tel qu’ils décident de porter la pièce à l’écran en 2011. Nouveau succès. Le secret de leur écriture conjointe ? « L’ennemi, au théâtre, c’est le bavardage. Pour que ça reste à l’os, il vaut mieux construire ensemble et se séparer les scènes », note Alexandre. Et Matthieu d’acquiescer : « La musique du dialogue est personnelle. Elle vient mieux seul qu’à deux. On commence par construire le chemin de fer de la pièce ensemble pendant des mois sans rentrer dans le dialogue. Sinon ce n’est plus la narration qui guide la pièce mais ce sont des scènes. Et c’est plus dur d’abandonner un dialogue qu’une idée de dialogue. »

 

Si Matthieu réalise seul Un illustre inconnu (2013), captivante réflexion sur l’identité portée par un extraordinaire Kassovitz, les deux hommes coécrivent le diptyque Papa ou Maman (2015-2016), irrésistible comédie du remariage, réalisé par Martin Bourboulon et produit par Dimitri Rassam. L’occasion de conforter les liens entre les deux auteurs, le réalisateur et le producteur dans une combinaison gagnante. C’est ainsi que Matthieu et Alexandre signent Le Meilleur reste à venir (2019), comédie dépressive, interprétée par Patrick Bruel et Fabrice Luchini – et produite par Rassam –, autour de deux amis d’enfance qui décident de tout plaquer pour vivre intensément ce qu’ils croient être les derniers mois de leur vie. Trois ans plus tard, ils s’attellent à l’adaptation des Trois Mousquetaires, projet également produit par Rassam et réalisé par Bourboulon. Cette fresque qui rappelle le cinéma de Philippe de Broca et de Jean-Paul Rappeneau séduit largement le public. Mais c’est avec Le Comte de Monte Cristo que les deux auteurs parviennent au sommet de leur art, réunissant qualité de l’écriture, souffle romanesque, inventivité de la mise en scène et intelligence de la direction d’acteurs. Triomphe critique et public – le film dépasse les 9 millions d’entrées malgré sa durée de 3 heures –, Monte Cristo a déjà conquis la critique américaine. Sans jamais se reposer sur leurs lauriers, Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière se sont déjà remis au travail pour leur nouveau projet : Les Rois Maudits

“Coco” et la Magie du Día de los Muertos : Entre Mémoire et Cinéma

Publiée le 25 November 2024
“Coco” et la Magie du Día de los Muertos : Entre Mémoire et Cinéma

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand on parle du Día de los Muertos, difficile de ne pas penser à Coco, ce chef-d’œuvre signé Pixar qui a su capturer l’essence même de cette fête unique. Avec ses couleurs vibrantes, ses personnages attachants, et sa manière de parler de la mémoire et de la famille, le film a touché des millions de cœurs. Mais qu’est-ce qui rend le Día de los Muertos si captivant pour le cinéma ? Pourquoi cette fête, à la fois joyeuse et mélancolique, inspire-t-elle tant d’histoires et d’images inoubliables ?

Le Día de los Muertos (Jour des Morts) n’est pas une fête triste, loin de là. Elle célèbre la mémoire des êtres chers qui nous ont quittés, avec l’idée que, pendant deux jours, leurs âmes reviennent nous rendre visite. Des autels décorés de fleurs orange (cempasúchil), des plats délicieux comme le pan de muerto, et des crânes en sucre colorés créent une ambiance joyeuse et émouvante.

C’est une fête où la mort n’est pas vue comme une fin, mais comme une partie intégrante de la vie. Et cette philosophie, qui mélange amour, tradition, et un peu de magie, est au cœur de Coco.

Dans Coco, Miguel, un jeune garçon passionné de musique, se retrouve transporté dans le monde des morts après avoir accidentellement brisé une tradition familiale. Il découvre un univers éclatant où les défunts continuent de vivre, tant qu’ils ne sont pas oubliés par les vivants. Ce monde est une explosion de couleurs, avec des ponts de pétales de fleurs, des bâtiments lumineux, et des personnages squelettes pleins de vie.

La beauté de Coco, ce n’est pas seulement son esthétique (même si, soyons honnêtes, c’est une claque visuelle ). C’est surtout son message. La mémoire, c’est ce qui nous lie. Tant que nous nous souvenons de nos proches, ils continuent de vivre à travers nous (n’est-ce pas réconfortant?).  La chanson “Remember Me” (Recuérdame), chantée dans plusieurs moments clés du film, incarne parfaitement cette idée. Elle passe de chanson joyeuse à berceuse déchirante, tout en gardant ce fil conducteur : ne pas oublier.

Pourquoi le cinéma adore le Día de los Muertos ?

Le Día de los Muertos est un trésor visuel : des couleurs vives, des autels ornés, des crânes décorés… Ce mélange entre tradition et esthétisme spectaculaire est un rêve pour les cinéastes. Le Día de los Muertos parle d’amour, de liens familiaux, et de la mémoire. Peu importe d’où l’on vient, ces thèmes résonnent chez tout le monde. Et puis, contrairement à Halloween ou d’autres traditions, le Día de los Muertos ne met pas en avant la peur ou l’effroi, mais la célébration. La mort n’y est pas un tabou, mais un moment pour rire, se souvenir, et partager.

Si Coco a été applaudi pour son respect des traditions mexicaines, il pose une question importante : comment représenter une culture riche et spécifique sans dénaturer son essence ? Comment raconter des histoires inspirées par des cultures spécifiques sans les réduire à des clichés ou les exploiter ? Peut-on rendre hommage sans s’approprier ? Une chose est sûre : cela demande du respect, de l’écoute, et un véritable amour pour ce que l’on cherche à raconter (et pas que chatgpt!).

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